19/10/2015

Rouge d'Oc

Alors, dans le Sud, à l'automne, c'est un peu comme à la montagne. On guette toujours un vol d'hirondelles dans le bleu du ciel. On profite des moments encore doux, des jours encore longs avant qu'ils soient trop courts. On redoute le gris, le froid qui glace, la pluie qui mouille. On apprécie les éclaircies qui s'éternisent, on évite les nuages, on se glisse entre les gouttes. On bénit puis on maudit Mistral. On s'installe en terrasse, on profite du soleil à rien, on savoure l'instant. On dirait bien, mais oui, qu'ici le temps dure longtemps...

DSCF7122.JPGDans l'arrière-pays, qui est le pays d'à-coté, aller se promener. Observer le Ventoux, puis plonger dans les gorges de la Nesque.  Etourdie, je suis, par la perspective. Quelle profondeur de champ !  Impressionnée par les lacets et les motos qui dépassent. A Sault, monter, puis s'attarder, s'attabler et attendre. Plonger dans le bleu si bleu qu'il fait mal aux yeux. Poser le regard sur la plaine, sans lavande aucune, débusquer quelques buses. Atteindre le beau village d'Aurel, tellement déserté qu'on dirait abandonné. Pas un chien qui aboie, pas une âme qui frémit, pas même un oiseau qui chante. Ils sont tous au Pontet, à faire leurs courses ! Plus d'épicerie, plus de café, plus de boulangerie, plus de boucherie, seule une vieille auberge au bord de la route et un panneau qui indique le relais poste. C'est beau, oui, mais c'est loin ! Loin de tout.

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Plus beau village français, parmi d'autres...

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... mais vide, comme trop d'autres !

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Pas un chat...

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Pas même un rat !

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 La poste fidèle à son poste !

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Coup de blues, comme dans un western...

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Signaux de fumée sur le plaine de Sault

Alors, on a repris la route vers des contrées plus habitées. Le lendemain, au marché paysan du Coustellet, on est allé. De la lavande, on a glané. On a cueilli deux cailles dodues parmi les coings, élevées dans le coin, parce qu'il y a longtemps que le père de Marcel a rangé sa gloire ! Avec du raisin de muscat bio, qui venait de par-là, de pas loin, de cheval-blanc mais en voiture, on les a cuisinées. Et on s'est régalé ! Autant en profiter, en Lubéron, c'est bientôt la fin de l'été !

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Coup de coeur, comme une douceur de vivre...

Le marchand de patates vend des Mona Lisa,
qui sont belles comme ça !

Bio et made in Lubéron, c'est tout bon.

Commentaires

Un village presque vide, moi, ça me fait rêver...

Écrit par : Véro | 20/10/2015

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...limite angoissant, au milieu de l'après-midi, ce silence pesant et l'absence d'animaux... Au final, il y avait quand même deux vieillards assoupis sous une tonnelle, tout en bas du village. Et puis, voilà peut-être une source d'inspiration ;-)

Écrit par : Miravignon | 20/10/2015

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J'aime bien ton texte ... les signaux de fumée ... et ce ciel ... Tu nous le ramèneras ? ;-)

Écrit par : Dan | 21/10/2015

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