23/10/2015

Route du Bleu

Avant de repartir,  j’ai fait le plein de bleu ! Je m’en suis mis plein les mirettes. D’accord, il faisait froid ! De ce froid piquant qui pique aux yeux quand le vent souffle du Nord si fort qu’on l’appelle Mistral. Il faisait tellement glacial qu’en arrivant la place de l’Horloge, on s’attendait à retrouver le marché de Noël. Mais avant l’heure, c’est pas l’heure. Vous avez beau dire que c’est de saison, mon bon monsieur, pas du tout ! En octobre, ici, l’air flirte allégrement avec les 22°. J’adore flirter, c’est pour ça que je descends si souvent. C’est pour ça aussi que je peux comparer d’une année à l’autre, pour la quatrième fois.

Mais cette année, tout le monde vous le confirmera, nez coulant, éternuements, pull qu’on achète en vitesse. Il fait beaucoup plus froid, beaucoup plus tôt. Frissons garantis. 3° ou 4° ressentis. Pas de chance pour les enfants, ce sont déjà les vacances, dites d'automne, de toussaint ou du début de l’été des Indiens. Mais, même au Québec, fin octobre, je n’avais pas eu si froid en observant les oies sauvages, au bord du Saint-Laurent. C’est la faute au réchauffement tout ça, me confirme la vendeuse du monoprix qui n’a jamais vendu tant d’écharpes et de gants en si peu de temps !

Au moins, j’ai pu me gaver de soleil, bien haut accroché dans le grand bleu. Arrivée aux abords de mon Zepplin favori, qui fait office de point de départ, et de gare dans les deux sens, je me suis assise à l’abri de zéphyr pour profiter du moment.

garavignon.jpgMesurer ma chance de pouvoir aller et venir, au gré du vent, mais pour combien de temps encore ? Quelques enfants sages, une maman seule, un bébé et un garçon trisomique, une famille antillaise et une étudiante fatiguée. Cinq heures plus tard, je suis arrivée aux abords du terminal Zuid, qui fait office de point de transit, et de gare de passage. Le ciel était gris, la brume était de la bruine, le froid était mouillé, le vent absent.

En passant, au ralenti, j’ai aperçu l’ombre de la très vielle gare de la cité des ânes. Entre chien et loup, mon enfance dispersée. Avec un pincement, douloureux, enfoui. Décidément, les chocolats, c’était dans une autre vie ! Je ne regrette rien. Dans mon panier, je vous ramène des olives de Nyons, des anchois de Collioure, des rillettes du Mans, des madeleines de Commercy, du fromage de Saint-Nectaire, des citrons de Menton, tout ce que vous aimez —ou pas— mais qui fait que j’aime la France. Aussi pour ses brillants intellectuels, bien sûr ! Et ses humoristes, volontaires et involontaires. Onfray effraie ceux qui font peur, Bedos mélancomique m'a fait pleurer, Mauro me fera rire, demain j'espère.

08:59 Publié dans Evasion | Lien permanent | Commentaires (0)

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