14/01/2016

Beau, Oui !

Je pleure doucement mais Rebel je resterai. C'est comme une blessure, une brisure. Je n'ai rien vu. Je savais, j'étais aveugle. Ce bandeau sur les yeux, c'est nous qui étions dans le noir. Tout était écrit, tout était prévu. Le dernier album, le dernier cadeau, le dernier clip, Lazarus, les mots même étaient choisis. Magistralement orchestré. Avec quelle énergie, quelle lucidité, quelle audace, quelle créativité ! Comme il a toujours été. En avance sur le temps, sur son temps, le nôtre. Quelle chance d'avoir partagé avec lui cette fin de siècle, ce tournant du millénaire. Quelle chance de l'avoir croisé, de l'avoir vu, d'avoir pu l'aimer. Je l'avais placé à la tête de mon panthéon personnel, bien loin devant tous les autres. Comme une évidence. A choisir, Bowie.

Le retrouver, en filigrane, au détour de nos vies. Du générique créé pour une émission de radio au début du concert de U2, du show-case de Raphaël au pseudo de Jean Genie. Dans un livre de théorie musicale, de Furyo à Arno, de Verlant à Rieppi, de Londres à Montreux,... il a émaillé nos vies de héros. Jusqu'à ce funeste matin où Laforge ne s'est pas levé pour rien. Just for one day !

En 1978, un concert parfait qui commençait à l'heure dite. il était prêt. Tout était prêt, programmé, millimétré. De répétition en répétition, mettre en scène sa propre disparition. Y réussir ! Tenir, se taire, souffrir. De si longs mois, saloperie ! Vouloir garder le contrôle jusqu'au bout, choisir de dompter la mort, et pourtant la maladie a gagné. Même sur lui, l'extra-terrestre, si grand, si différent. Admirative et bouleversée par ce rock'n'roll suicide.


00:41 Publié dans Art, Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.