08/06/2016

Parbleu !

Finalement, l'ascenseur de la voie 14 a été réparé, et j'ai pu remonter entre les gouttes, de la Cité des papes à  la Cité ardente, dans un tégévé bondé de voyageurs dégrevés, dégoûtés, déroutés. C'était bruyant et fatigant, peu réjouissant, avec des enfants hurlants, des serbo-teutons causants. Immigrant song, j'ai monté le son. A mes côtés, un businessman à la veste irritante, à la toux crispante, et vice-versa, prenait toute la place. Habitué à voyager en première, fallait-il qu'il prenne ses aises ou ses ailes, son père était sûrement chef d'escadrille ! Le grand bleu heureusement au tournant ! La voie n'est même pas inondée. J'ai réussi à me glisser entre deux grèves, entre deux grêles. 

Parce que oui, samedi dernier, l'autre, celui d'avant, je suis descendue en pleine insurrection, au beau milieu d'une action illimitée sans préavis de rien. Pour arriver à Bruxelles depuis Liège, il me faillait trouver un hélicoptère ou tout autre véhicule à moteur qui aurait faire l'affaire, pour franchir les embouteillages et les barrages. Au matin et au final, après deux jours d'incertitude, l'ami de la voisine a bien voulu consentir non pas à nous prêter la voiture mais à nous conduire. Les gens sont gentils, par ici, je vous ai déjà dit ?

A la Zuid-Station, il m'a déposée mais impossible d'entrer, toutes les entrées justement conçues pour ce faire, étaient fermées ! Quelle drôle d'idée! Entre une haie formée de gendarmes et de militaires, j'ai fini par pénétrer dans le seing-dessin qu'on appelle gare, attention ! Et là, bien sûr, activité limitée et ascenseur bloqué. On se demande d'ailleurs quelle peut être l'utilité d'un ascenseur bloqué dans une gare, à part de servir de refuge à des taréroristes en cavale. Train attardé, puis retardé, qui a fini par démarrer avant d'être bloqué au Sud de Paris, par une pluie d'orage qui a coupé l'alimentation électrique.

Beaucoup de stress pour un voyage banal qui commence à ressembler à une expédition, entre Liège et Avignon. Un déplacement que j'ai fait dix fois, trente fois, je ne sais pas, mais une fois seulement en avion, il y a tout juste un an. Plus d'avion non plus, la ligne a disparu, supprimée après 6 semaines d'exploitation. Caumont pourtant c'était bien près de Bierset ! Circuler en Europe devient chaque jour plus compliqué. Ma liberté entravée mais je ne vais pas crier. Je suis encore une femme libre ! 

Arrivée dans le Sud, du bleu enfin et du gris aussi. Des orages, un peu de pluie, et même l'achat d'un parapluie. Un vent chaud, qui n'est pas de Mistral, pas la moindre cigale et aucune inondation. Non, l'eau qui s'accumule, c'est pour le Nord. Dire qu'en Essonne, l'étudiante a failli étudier, Savigny-sous-l'Orge et sous l'orage. Dire qu'à Orléans, l'étudiante a failli étudier, Montargis sous la pluie. Finalement, Avignon, c'est tout bon. Sauf qu'elle étudie à Liège désormais, où elle préfère apprendre le japonais ! Quelle drôle d'idée, manquerait plus qu'on soit inondé. 

Dix jours, c'est trop court. Je le dis à chaque fois, je n'ai pas assez profité d'Avignon. Eviter que la  frustration l'emporte sur la satisfaction. Apprécier à chaque instant, comme il fait bon être ici, et là, comme chez soi. Retrouver des visages familiers, des adresses connues, des rues parcourues et cette forme d'espérance qui chante entre le Rhône et la Durance.

Alors, en vrac, on s'organise pour faire un peu de tout. Travailler pour rattraper le retard accumulé, cueillir des fleurs de courgettes au marché paysan, écosser des petits pois, déguster des fraises de Carpentras, admirer les ocres de Roussillon, découvrir la forêt de cèdres du Lubéron, parcourir la Montagnette de Frédéric. Croquer des cerises de Bonnieux puis y retourner chercher du pâté. Pendre le linge en bavardant avec la voisine au jardin, se régaler chez Xa, se balader sans se lasser à la Barthelasse. Et puis, enfin, prendre un catamaran pour voir les calanques de Cassis depuis la Ciotat. Je préfère la vie en mer, en vert, en bleu, si je veux !

Mais trop peu de temps quand même ! J'ai fait des centaines de photos que j'ai ratées, j'ai acheté des mètres de tissu que je n'ai pas cousu. Je n'ai même pas pu ramener du thé, c'est dire qu'il va falloir y retourner! Bientôt, vite, très vite, dès que possible. Et puis, trouver moyen d'y rester. Parbleu, le bleu, il se mérite, il se gagne.

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Ceci n'est pas le Pont d'Avignon

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Vue en Lubéron sur le Calavon

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Barques hangar de la Ciotat 

 

23:55 Publié dans Evasion | Lien permanent | Commentaires (0)

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