21/10/2016

Bus Stop

Les arbres jaunes sont devenus, vous avez vu ? Le temps passe dans la rue comme dans la ville. Plus de frites derrière le coin, Nono soigne sa femme. Plus de paëlla à emporter, la vieillesse s'est imposée. Plus de pizza au feu de bois, les Fratelli sont partis. Le Paki se maintient mais sans rien faire à manger. Plus loin, il me faut aller, une rue en chantier pour changer, dépavée, dévastée, embourbée. Un Stambouliote propose des farfalles, il va même s'agrandir, m'annonce-t-il fièrement. Les immigrés ne doutent de rien pour relancer l'activité ! Mais plus de monnaie au monnayeur, l'agence bancaire ihainegé a fermé. Faut marcher, retourner vers l'opéra. Et il n'y a même plus de casa près de la casa. Un seul constat, la vie du quartier s'est bien dégradée depuis deux ans qu'on est arrivées. Une qualité de vie, qui permettait de trouver un peu de tout pas loin et même tout près !

La vie d'une ville est faite de lieux et de liens. Elle passe par la culture, les commerces et les transports. Côté opéra, concert, boverie et cinéma, je ne me plains pas. Côté transports, la navette fluviale s'arrête fin octobre. Le reste n'a pas fini de me secouer. A l'abribus, sponsorisé par decaux, des malins ont cassé le mécanisme qui tourne sans fin, faisant un bruit très malsain. Exit la pub pour les savons machins, des soutiens machines, des smartphones sans frais, des vacances sur la plage de Sfax. Des choses qu'on n'aura jamais et dont on ne veut pas d'ailleurs. Nous, on veut vivre à Grenoble ! Ou alors on veut juste un bus qui arrive à l'heure, sans attendre trop longtemps à l'abri de la pluie et sans bruit. Quand le 4 arrive enfin, la correspondance est ratée bien sûr et le bus nous file sous le nez. Là, il nous faut encore attendre, sans abri aucun, en plein vent, en plein froid, coincés sur un bout de trottoir, les pieds trempés par l'eau que les voitures projettent. Chouette ! Avec le bruit des sirènes de pompiers pour changer. Ceci est un terminus de bus à Liège !

Plus chouette encore, quand dans le bus on monte et que l'averse redouble quand il démarre. Le toit ouvrant est à option, et l'option est bloquée sur le mode "open". Dans le bus, se faire tremper et garder son parapluie ouvert ! Du jamais vu, nulle part. Sauf à Lîdje, bien sûr ! Mais ça n'étonne personne. Placide, le vieux monsieur que j'interpelle serait presque fier de cette particularité. Son regard me dit, on vit comme des bouseux mais c'est normal on sort de la mine comme le belge du tombeau ! De quoi vous plaignez-vous, on n'est plus dans le trou... Les trous, ils sont sur la route qui font des flaques et qui secouent le bus sans amortisseur aucun. Un bus dans lequel on manque à chaque tournant de tomber et de se cogner. Les bleus, ils sont sur ma jambe droite. Les coups, sur mon bras gauche. Le rhume, il est pour mon voisin. Après, on ira chez le médecin, on sera en arrêt maladie. Vous me direz, c'est pas comme ça qu'on va relancer l'activité...

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Ceci n'est pas une affiche d'abribus !

 

Commentaires

Courage ! C'est bientôt le printemps ! ;-)

Écrit par : Véro | 21/10/2016

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