14/11/2016

Bleù Camargù

Aucun voyage n’est pareil, le soleil brille incertain, le bleu se devine ou s’impose. En repartant, Mistral freinait de toute ardeur à remonter vers le quai des brumes. Le train avançait à regret, les gens patients, les chiens silencieux. Même l’ascenseur fonctionnait avec lenteur. Sûr —certain même— que je serais bien restée quelques jours de plus, à guetter les progrès d’un automne qui s’attarde. Au Sud, les feuilles roussies ne sont pas encore tombées, les vignes grillées sont à dévorer des yeux. Miro, Miréio ! C’est ton pays.

En descendant, plus encore vers le midi, on rejoint très facilement la mer, le sable et les rochers. Traverser la Camargue sous le soleil dardant de roux et de rose, les roseaux étincelants, les buissons ardents de jaune et d’ocre, brillants après l’ondée. Le Rhône s’est égaré, quelques oiseaux attardés. Flamboyance des couleurs rougies sous le soleil à l’horizon. L’été des indiens n’est pas un état nord-américain!

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Magnificence !

Dans l’eau glacée, glisser les pieds, comme pour se rappeler qu’elle est froide la Méditerranée à traverser. Aux Saintes, les Maries migrantes sont arrivées. Vers les Arènes, les taureaux sont ramenés, guidés par les gardians depuis la plage. Aucune corrida, seulement le corps à corps des animaux. Abrivado ! Dix fois, le 10 du mois, onze courses le 11 du 11, et puis douze, le jour suivant. La saison ensuite s’enfuira. Hibernation et hivernage prévus.

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Tout le monde rentre à la manade...

Alors, une dernière fois, une première fois, faire une promenade à cheval à travers les marécages, les mares et les bocages. La Camargue se montre aussi du haut d’une monture. Mes fesses s’en souviennent, je n’en menais pas large sur mon fier destrier ! Combien d’années passées sans monter. Un quart de siècle depuis une mémorable cavalcade avec des Navajos, dans le site le plus magnifique qui soit. C'était peut-être l'Utah. Dans cette Amérique, qu’on appelle Arizona ou Nouveau-Mexique, comme une promesse. Colorado, pour ses couleurs. A Four Corners, la terre est occupée par des indigènes-à-la-peau-rouge qui nous rappellent qu’elle appartient aux générations futures. N’en déplaise à Misterdollartrump.

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Cavaliers en bord d'étang !
4 couleurs pour une même race

[photo impersonnelle non contractuelle]

Commentaires

C'est bien cela vos migrations entre deux mondes magnifiques ... une fois.
Pat.

Écrit par : Pat. | 15/11/2016

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