01/01/2017

Bleù sauvage

A l'Ouest ! Un peu distraite, ni tout à fait au Nord, pas encore vraiment au Sud, voilà que je m'égare. J'oublie le rôti au four, les gants sur le comptoir, la carte magique dans la mauvaise poche, mais où sont mes clés ? Il y a des jours moins drôles que d'autres et ceux-ci font partie des jours sans. Maudits pavés qui m'ont fait chuter. Distraite j'étais par le sourire d'une enfant. Talons trop hauts. Maudits pavés qui me brûlent les pieds! Manquerait plus que l'alarme se déclenche. Gagné! On a réveillé tout le quartier, pas même endormi à l'heure de réveillonner. Les pompiers, déjà passés, ne sont pas revenus. Les badauds accourus voir le feu d'artifice, par flopées, sont arrivés. Qui peut me dire pourquoi les premières fusées ont été tirées bien avant l'heure? A Noël déjà, ça pétait en tout sens, sans aucune direction. Toujours un coup d'avance. Ou comment réussir à ne jamais plus vivre le moment présent. 

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Il paraît que le coeur de Grétry bat ici,
face à la ville, dos à l'Opéra.

Or donc, nous voilà en 2017 ! Vous êtes toujours là? Ouf ! Bref retour en 2016. Vendredi, petit tour à l'opéra, l'esprit était à la fête, l'air au french cancan. Offenbach, en fin critique du second empire, dans une mise en scène inventive, j'ai bien ri. Ça ne mange pas de pain, ça se déguste comme de la brioche, sans trop penser. Le public, coincé dans un costume mal taillé, semblait moins ravi. Pouah, une opérette!

Décidément que cette ville m'ennuie. Bourgeoise, pas même branchée. Dans les rues décorées, l'extrême pauvreté côtoie une richesse obscène. Les femmes aux sacs ostentatoires ne croisent jamais le regard de l'homme assis sur son carton. Des familles entières débarquent des quartiers ignorés pour se gaver de lumières et de cadeaux inutiles. Sur le marché bondé, boire et oublier, s'enivrer et s'esclaffer, s'étourdir pour ne pas pleurer. Que tout ça me semble gras.

En cette fin d'année, très mal chaussée, j'ai continué à arpenter les chaussées. Tel un chat, élargir mon terrain d'observation. A Sainte-Marguerite, sans rime ni raison, investir une boucherie turque. Dans une boulangerie politique, cachée en Outremeuse, attendre que le pain craquant sorte du four. Puis se battre pour en avoir un. Tout ça reste un peu indigeste, voire prémonitoire. Tiens, encore des pétards!

Au jour de l'an, se régaler d'une choucroute, attablées dans un bistrot kosovar, qui porte le nom improbable de building. C'est dingue, non? Encore une tradition à se demander qui l'a inventée. Il paraît que, par ici, la pièce sous l'assiette garantit la fortune à l'année. Nous voilà parées. Le patron a pensé tout ! 

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C'est pour mieux vous écrire !

Des projets, il n'en manque pas pour 2017. Le pays du soleil levant nous attend. Enfin, l'étudiante surtout ! A l'automne, elle ira dans une université située dans une cité dont on ignore encore laquelle. Pourvu que la Terre ne tremble pas. Vers l'Est, elle s'envolera. Pas certaine de pouvoir la rejoindre. A l'Ouest, je continuerai à vagabonder. Toujours plus à l'Ouest, qu'ils disaient! Sur le marché mal fréquenté, voilà que j'ai retrouvé des bleuets, qui me filent le blues. Du temps où je traversais le Québec et l'Ontario, le long du Saint-Laurent jusqu'au Saint-Jean. Et c'est là, monsieur le juge, que j'ai repris la carte... et la boussole.

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Comme une envie de retourner
à Pointe Bleue...

23:25 Publié dans Avenir, Evasion | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Mmh des bleuets séchés, ça doit être bon ça !
Si Liège t'ennuie, reviens par ici ma belle... mais il n'y a pas d'opérettes, et pas encore de supérette bio.
Bisous

Écrit par : Véro | 02/01/2017

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