23/01/2017

Jour 3 de l'ère UBU

Comme il est étrange —et soudain étranger— ce visage qui remue à peine les lèvres pour émettre un son chuintant. Il y a quelque chose de très étonnant pour une maman d'entendre son enfant s'exprimer dans une langue inconnue. Pour moi, c'est du chinois ! D'ailleurs, il paraît que c'est du pinyin 拼. Plus exactement une forme de romanisation du chinois mandarin, la langue parlé par les mandarins. Il est bien connu que dans l'empire du milieu, on parle mille dialectes sans se comprendre. D'ailleurs le chinois n'existe pas. Pas plus que le belge ou le suisse ! 

Alors, quand on entend, pareillement, le président chinois s'exprimer à Davos, on s'affole. Même avec des sous-titres. Non, ce n'est pas un leader américain qui prône la mondialisation, c'est un communiste au sourire débonnaire. J'hallucine ! Au même moment, le site de la maison blanche affiche en grand que le réchauffement climatique est une invention chinoise ! Je suis en plein cauchemar. Je vais me réveiller, c'est certain. Ou pas ! Je suis plongée dans un livre de Stapledon, qu'on appelle anticipation. Olaf, reviens, ils sont devenus fous. 

Le lapin de Lewis Caroll s'agite. Il va tweeter. Merdre, alors! Serions-nous entrés de plain pied, sans le savoir, ni vraiment le vouloir, dans le monde grotesque et dramatique de l'Ubu-land ? Est-ce un Etat ou une époque. Va-t-il s'étendre, va-t-on s'éteindre ? Pourra-t-on en sortir un jour ? L'angoisse m'étreint. Mais ce n'est rien, ne reste qu'un examen. Typologie des langages, chinoiseries, japonaiseries, bouddhisme et autres rites shintoïstes, vont faire une trêve. La session s'achève pour l'étudiante, qui enchaîne les succès. Grande satisfaction.

Pourtant, je reste avec un doute, comme un poids. Je ne dirais pas qu'il m'habite, il me hante. Alors, pour le combattre, je vais faire un tour à la Batte. Il y fait glacial, d'un froid qu'on dirait sibérien. Le ciel est bleu sans aucun mistral. Les fines particules accumulées me font tousser. La chaussée est à moitié occupée seulement. Les passants sont rares, les mouettes rieuses. Les soldats sont alignés, pareils à des grues qui attendraient l'envol. Ils sont concentrés au point chaud. On n'est jamais trop prudent. Le marché est glacé. Il ne ressemble à rien.


En ville, les gens s'égarent pour ne pas penser. Ils se ruent sur des articles bradés comme dans une fuite désespérée. Ils sont agressifs, mal polis, mal torchés. Les enfants sont énervés par la neige qui est arrivée sur les hauteurs mais qui épargne la vallée. Ils font n'importe quoi sous l'oeil indifférent des parents. Les aînés lancent des pétards, ce qui est formellement interdit, même au premier jour de l'an chinois qui n'est pas encore là. Je vais me réveiller...c'est certain ! Putain, ça tangue. Encore quatre ans.

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Dans mon rêve, les maisons sont biscornues...

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Brochette armée (ou pain mitraillette)

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La batte est vide,
comme une trémille à l'abandon

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Bleu comme dans le Sud,
sauf qu'il y a des bâtons qui poussent...

   

02:04 Publié dans Avenir | Lien permanent | Commentaires (0)

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