30/04/2017

Bleu marron

Le front de l'air est frais. Ce dimanche, 21° à Lîdje, 16° à Avignoùn. Cherchez l'erreur ! Les tendances inversées, le pays renversé, on marche cul par-dessus tête.


Le front républicain, effondré, laminé, écartelé, se pince le nez pour aller voter. Il est pour tout dire inexistant. Son représentant est moins crédible qu'un commercial qui essaierait de vous jeter de la poudre à laver plus blanc que nul. Il ne vend rien, il ne propose rien, il ne fait rien. Il commémore sa propre victoire. Fleurs et couronnes sur la tête des morts et victimes d'une guerre, où il n'incarne aucune forme de résistance. Ça frôle l'indigestion. Sur le pays divisé, il appuie. Manquerait plus qu'il essaie de nous faire avaler des pastilles de vichy. De force, parce qu'il peut devenir méchant, le garçon. Cassant, dans ses intonations, il serait bien capable de nous la faire à l'envers.

Voilà un moulin, qui brasse du vent et de l'argent, sans jamais parler d'écologie. Pas le moindre projet qui enflamme les esprits, sauf à diriger par ordonnances, à pourchasser les chômeurs. Aucun emballement à voter pour lui, aucun rapprochement salutaire. S'il pouvait donner au moins une bonne raison d'y croire, d'en vouloir ? Que nenni. Je suis, donc je suis, l'élu divin du premier tour. Hubert, prenez-en de la graine, l'avenir avec moi, ce sera micro rien pour tout le monde, sauf pour moi, à la une de gala. Il y a du tyran dans ce comportement et cet égo-là m'a glacé les sangs.

Faites gaffe, ça commence à se voir et se savoir. Aussi peu convaincant et aussi peu engageant, il ouvre un boulevard pour le front national ! Une digue a sauté. Pour ne pas être dindons marronés, combien d'électeurs écoeurés pourraient lui préférer marine ? C'est très perturbant ce nouvel engouement pour une femme, qui désormais rassure quand l'autre inquiète ! Logique cependant. Quand elle met de l'eau dans son vin, propose un premier ministre gaullien, qu'on n'appellerait pas gaulliste. Quand elle est à l'usine comme à la mer, elle nous mène en bateau. Elle surfe et recycle toutes les idées qui passent, en y mettant beaucoup d'émotion. Le pathos, faut admettre que ça plaît. Pouah, j'ai mal à la tête. Elle bat campagne, comme une politique sait faire. Et ce n'est pas un perdreau de l'année, fut-il excité, qui pourra la contrer. J'en ai peur. Tout le monde ici a peur. La situation est grave, les gens. Et ce n'est pas faute de l'avoir dit, depuis longtemps... Cassandre, je me sens parfois tellement.

Bien sûr, vous l'aurez compris, dans le Sud, je suis redescendue. Le train était à l'heure, l'ascenseur du quai 10 fonctionnait. Un voyage sans encombre, encombré seulement des valises des retraités prêts à se réfugier sur la Côte d'Azur. Soyez sans crainte, ils n'iront pas plus loin. Nul privilège n'est menacé. Gronde seulement cette sourde menace d'un pays qu'on enchaîne, où les gens n'osent plus se regarder. Qui a voté quoi ? En Vaucluse, c'est noir, partout. Sauf à Avignon, bien sûr. Un peu partout, ailleurs aussi, heureusement, fleurissent encore des "phi" comme des signes d'amour et d'espoir qui ne s'effacent pas. Sur une gouttière, au coin d'un trottoir, au péage de l'autoroute. Au centre d'un rond-point, un panneau en grand, "nos ancêtres ne sont pas tous gaulois"! A l'abribus de Maubec, quelqu'un a écrit et posté, un long poème, qui parle de soleil pour tous et de jours meilleurs, signé anti-f-haine. Dans la ville, dans les champs, le chant des partisans s'entonne déjà. La campagne se prépare pour les troisième et quatrième tours. D'ici, là, on aura encore mal au crâne, et la nausée, et mal au coeur.

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Allo, la France insoumise... ? 

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