12/05/2017

Bleu nuageux

Alors, comme promis, je vous avais dit, elle n'est pas passée ! Et je ne suis pas remontée. J'ai laissé filer, délaisser, le temps détrempé. Détrompez-vous, ce n'est pas l'ennui, c'est l'envie de rester. Briser la règle, recouvrer un peu de liberté. Respirer, calmer ce coeur qui s'écoeure, ces tempes qui s'estampent. Guetter le bleu entre les nuages, et toujours pas d'images. Vivre au Sud comme au Nord, à profiter de chaque éclaircie. Comme c'est étrange, comme le climat change. Ou alors seulement que je vieillis... J'ai les mots, plus les photos.

Mistral s'invite, et tout redevient bleu. Mistral s'évite, et tout redevient gris. Le vent s'inverse, la vie s'averse. Je devrais écrire des chansons. Puis, les chanter pour justifier l'ondée. Décapotée la voiture jusqu'aux Saintes, Miréio sans chapeau imprudemment décoiffée. Les pieds, entre les rochers, dans l'eau claire se baigner, aurelia aurita près de moi. Ne plas glisser. Assurer, assumer. J'ai opté pour la casquette d'acteur des temps présents, celle qui me fait croire que j'ai encore un rôle à jouer. J'ai levé l'option sur la maison. A Vaison, il y a des rêves qui s'échappent, n'en finissent pas de s'évaporer. Me sens un peu déprimée par ce printemps mouillé. Alors, je retourne à l'Université. 

J'arpente les rues ensoleillées comme les rayons emplis de bouquins sur le Japon. J'admire les murs dorés de la faculté, la lumière tamisée qui berce cette insolente jeunesse. A la photocopieuse, trois mille ans de peinture chinoise et une étudiante chinoise, qui m'interpelle. Elle rêve de gestion, de son pays qui lui manque, d'ici peut-être et demain ailleurs. Elle parle aussi bien français que ma fille désormais parle mandarin, enfin, je voudrais bien. Le festival se prépare, son départ s'organise. L'été sera chaud cet année.

Pour changer, j'ai réussi à voir une pièce du festival off avant le off ! Il paraît qu'on aurait vendu le pont d'Avignon mais c'est tout faux. C'est pour rire et pour sourire, avé l'accent. Avé les chansons de Mireille aussi.  Hé oui, entre le Rhône et la Durance, elle a chanté, par ici, pas seulement à Osaka. C'est assez bien vu, ma foi, ce qu'on entend quand on arrive au pays des cigales. Quand on débarque pour la première fois dans cette ville en quête d'un logement. Pour y rester, s'y installer.  Putaing cong, bientôt cinq ans! Et toujours sans raison, ni racines, me manquent les rimes. Alors, je retourne au jardin agricol, avec son air anglais et son clocher perché. Je vais humer les roses. Elles ne sont pas bleues, je vous rassure. Elles sont jaunes, et rouges, et roses, et flamboyantes. Je cueille l'espoir à pleines gorgées. Ne sais quand remonterai...

rosarosacopie.jpg

Rrose Sélavy

rosesaujardin.jpg
hé hé, on dirait que les photos revivent...
Patience, les autres vont suivre !

 

00:04 Publié dans Spleen | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.