15/07/2017

Bleu Festival

Cette année, cet été, les plus avisés le savent, je n'y suis pas ! Non pas que l'envie m'en manque mais plus certainement que les circonstances m'entravent. D'ailleurs, il fait (presque) aussi chaud au Nord qu'au Sud, Mistral en moins. Et puis, le théâtre, c'est tous les jours, en représentation gratuite, dans la grande Cour. En direct à ma fenêtre, entr'ouverte, je ne perds rien des dialogues, des entrées inopinées et des sorties intempestives. Le chien aboie, l'autre lui répond, sa maîtresse la tête dans les pétunias, l'autre allongée sur son transat, les pieds sous la glycine. C'est Liège-on-the-beach, barbecue en soirée, dîner arrosé en terrasse. Quand l'un descend, l'autre se désole, le chat s'est enfui. Il est passé par ici, il repassera par-là. Le facteur sonne toujours deux fois. Un colis pour la voisine, les poubelles à la cave, les bouteilles qui roulent, les livres à partager, le vélo qu'on va se prêter. Les bons échanges font les bons voisins. Tu n'aurais pas un oeuf ? Voilà un kilo d'aubergines, à farcir. Même pas peur, je vous ai fait des cutes peures. Bon appétit !

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Liège-la-Plage-au-quatorze-juillet

La promiscuité, il faut s'y habituer. Ce sont des fragments de vie, avec beaucoup de planchers qui grincent. Ce sont des murs qui tremblent, des luminaires qui vibrent, rarement des cris, parfois des éclats de voix, des rires en cascade, et puis des commérages. Le voisinage, c'est je vis ici et toi aussi. Claque la porte. On ne s'y habitue pas. Parfois, la nuit est trop courte. Les amoureux enflammés, les soiffards trop bavards. Le carillon déjà ? Il est huit heures ! Claque la porte. Le voisin est parti. Les cloches sonnent l'heure, la demie, et désormais invitent à la messe. Claque la porte. La voisine est revenue du lavoir. Elle croise l'autre qui part avec sa valise à roulettes, non ce n'est pas moi cette fois. Claque la porte. Le chien aboie, Labelle tais-toi, crie le maître. Silence les basses ! Claque la porte. Je ne m'en lasse pas... 

Pourquoi se priver d'une telle animation ? Les deux se retrouvent sur le banc, au milieu de la place.  Confessionnal entre hommes. Dans la cour, on entend tout, et les femmes ne s'en privent pas. Les deux se retrouvent au café, au coin de la rue. Un peu de privauté, des histoires à se raconter entre nanas, qu'on partagera une autre fois. Le chien attend. Le chat patiente. Il guette les araignées dans le bambou... Après, on pourrait aussi écrire le scénario. Et même un roman, façon hérisson. Ou un spectacle en soixante-quinze minutes, façon Avignon. Mais quel intérêt, en vérité ?

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Cette sympathique ruelle devient
sinistre quand on la parcourt...

Parfois, il faut se contenter du décor !

 

19:43 Publié dans théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

02/07/2017

Bleu actif

Dimanche, j'y étais ! Et vous... ? A l'arrivée du Tour de France à Liège-principauté-de-la-république ? Non pas... En bord de Meuse, de Tihange à Aachen, en passant par Maastricht. J'y étais bien sûr! Maillon d'une chaîne humaine de nonante-quatre-vingt-dix-neunzig-negentig-ninety et quelques kilomètres. Avec des teutons (plein), avec des bataves (plein), avec des coqs gaulois (peu), avec des anglois (naucun), avec des persans (cinq), avec des wallons verts et des flamings roses. 50.000 personnes et quelques enfants, des bébés, des chiards, des chaisards, des cyclistes et un unijambiste. Opposés et opposants, militants sans militaires, pour la fin du nucléaire. Pour l'arrêt immédiat, programmé, pas même étalé, des centrales fissurées qui menacent d'exploser. Un jour qui sait... on ne sera plus là pour le raconter.

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Je n'étais pas à Tihange mais à Liège, donc je n'ai pas pris cette photo

Bien organisés, des cars entiers de militants allemands ont débarqués. Déterminés, les hollandais à vélo, avec fleurs et sans couronne. Des écolos du limbourg et du namurois, et puis bien sûr de vaillants liégeois. Elle était belle la chaîne humaine des valeurs écologiques européennes. Celles qu'on défend pour nos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et leurs descendants. Je parle des vôtres surtout. Donc, nous y étions. Et pourtant trop peu d'images de la chaîne sur les chaînes de télévision. Alors que pour voir le tour de France et sa caravane de publicité, combien se sont déplacés ? Et combien d'images en boucle de la grande boucle ?

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Entraînement collectif à la formation d'une chaîne humaine, avec publicité, sur la place Saint-Lambert à l'occasion du village chinois wink

Or, donc, la vie continue à Liège comme partout, avec animations, démonstrations et libations. L'étudiante a perfectionné son chinois, examen oral, examen écrit, 18 de moyenne, on peut dire que c'est réussi ! Elle va parfaire son japonais cet automne à l'université internationale de Nagoya, troisième ville du Japon, connue pour être le siège d'une célèbre marque de voiture, qui commence par T et finit par A. Il me revient que ma mère en posséda une que mon frère cartonna par mégarde. Elle était bleue. Je cherche encore la photo....

Pour les autres cours, elle a parfaitement réussi, à présenter, en français ou en anglais, les résultats de ses recherches sur des objets d'art, peintures et autres kotos qui la passionnent. Au final, pour la session: 16 16 17 18 18 19. Et au total pour l'année, une moyenne de 17. Oui, c'est vraiment très bien!

Voilà qui nous réjouit à l'entame d'un été qui a déjà bien commencé. On a eu chaud, très chaud, trop chaud. Mais ça c'est le réchauffement et ça fait longtemps déjà qu'on en parle. L'ordinateur lui-même à souffert, les résultats en laboratoire ne sont plus stables, les fusibles disjonctent, le coeur du réacteur en fusion... Ne suffit pas d'une manifestation.