30/11/2017

Blur

En ce jour de saint-andré, avec et sans croix du même nom (on ne se refait pas), et qu'on ne fête pas on se demande bien pourquoi, je vous reviens! Enfin ! Qui a dit, c'est pas trop tôt, on a failli attendre ? Je vous embrasse. Il paraît que durant le mois de novembre, les mammifères sur Terre vieillissent trois fois plus vite que le reste de l'année. Personnellement, cette explication que je n'ai pas encore pu vérifier auprès de la faculté me convient parfaitement! De manière empirique, les jours de novembre me paraissent bien plus courts et passent surtout beaucoup plus vite. Longtemps, j'ai crû que c'était l'impatience de fêter l'avent et plus prosaïquement mon anniversaire. Mais que nenni ! A chaque jour qui passe, je prends une demi-année. Un maux par-ci, un mal par-là, et les yeux, et les dents, et les reins, et les nerfs, et la tête, alouette. Voyage aller sans retour.

Or, donc, en ce beau mois qui file si vite, j'ai retrouvé plein d'amis, qui me rappellent qu'il y a encore du monde dans le train. Et que nous vieillissons pareillement mais certains plus rapidement. Je suis retournée à la ville nouvelle qui est pleine de vieux!  Disons des seniors, des anciens, des vétérans, pour parler correctement et même politiquement. Des vieillards argentés, et pas seulement de la tignasse, qui sortent de partout. Aisés et bien habités. Rien à voir avec les mal-nippés de la cité ardente. Comme s'ils avaient gardé leur vert loden, sans jamais en changer, depuis leur première année d'université. Logiquement, aujourd'hui, ils fréquentent l'université des aînés. Ou le musée. Le nouveau musée de la vie ancienne. 

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Ceci n'est plus une bibliothèque...

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Ceci est ma bibliothèque préférée,
vous savez où elle est située ! 

(photo de Jérôme Orlandini)

Or, donc, dans ce musée nouveau, il m'est arrivé de croiser beaucoup d'anciens, que j'ai reconnus, que j'ai ignorés, qui ne m'ont pas reconnue, dont j'ai oublié le nom, qui se souvenaient de mon prénom. Dans et hors le musée, au cinéma, dans la rue, sur la place, sur le chantier, tant de figures familières surgies d'un passé englouti, tant de visages ensevelis sous les feuilles d'accumulées. Ceux avec qui on parle comme si on s'était quitté hier, celles à qui on dit qu'on va s'écrire demain. Travail de mémoire, arrêt sur image et retour sans espoir. Plongée vertigineuse dans ce grand foutoir.

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Musée culte...
'y a de la fesse mais pas que !

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Où on voit bien que saint-nicolas ne porte aucune croix...

Ensuite, me suis promenée hors les murs, dans mon quartier préféré qui est aujourd'hui déserté. Sans chercher loin, il y avait une biennale d'art contemporain, qui nous fait gagner un an chaque année! Non loin de l'ancien marché aux jouets où, hier encore, je me prenais pour le grand saint à remplir ma hotte. Non loin de l'atelier de dessin où, hier encore, je jouais du crayon et du fusain. Je vous mets la photo et je vous laisse deviner.

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Quatre oeuvres sont ici cachées,
 saurez-vous les retrouver ?

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 Je vous laisse méditer... et je reviens
très vite, avec la suite !

PS : Pensée particulière pour tou.te.s ceux et celles qui m'appellent toujours la maman de ma fille ! Et merci encore pour l'accueil chaleureux dont j'ai bénéficié en la neuve cité. 

Ci-joint, un lien qui fait du bien,
une chanson de BLUR

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(ceci n'est pas du japonais)

Cliquez et écoutez !


05/11/2017

Devinette (2)

Quelle est cette ville ?

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Le vent qui souffle là-haut n'est pas mistral...

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408 marches... à descendre

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Ça swingue par mal...

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Bleu Chagall qui passait par là...

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Perle de la Haute-Meuse !

Ici est né l'inventeur du saxophone.

Ici, de Gaulle fut blessé lors d'un grand massacre.

Ici, une abbaye a donné son nom à une bière bien connue, et de grande exportation, sans jamais la produire !

Ici, on fabrique des biscuits qui cassent les dents.

Ici, les artisans qui travaillent le cuivre
sont des... 

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Question  d'actualité :
au vu de cette oeuvre, finalement,
Miro est-il Catalan ou Espagnol ?

22:44 Publié dans Culture, Jeux | Lien permanent | Commentaires (6)

01/11/2017

Casta Diva

Les feuilles ont jauni, les pommes du pommier sont tombées. Il y a du vent et peu de pluie. Les arbres de la place sont chaque jour un peu plus dégarnis. Il y a un soleil doux qui invite à la promenade, puis un froid qui saisit. J'ai encore perdu un bout de dent, signe que ça se déglingue. Les jours raccourcissent ou c'est moi qui vieillit ? La lumière a pâli. Peut-être que l'heure a changé?  Elle est où la bonne heure, il est où le bonheur ?  —Hommage conjoint à Christophe de Carpentras et à Dany Mauro d'Hier et de Demain qui l'imite si bien— Celui-là me fait rire. Ses mots sont drôles et ces moments-là sont précieux. Ils font rajeunir.

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Où on s'aperçoit que le chantier est presque terminé, que la façade n'a pas été ravalée mais qu'on a repeint les châssis.

Donc, l'autre soir, j'ai été voir "Le Sens de la fête" au ciné haut perché de la Sauvenière. Sauve qui peut, la salle était pleine à craquer ! Et moi écroulée. De rire, bien sûr. C'est vif, intelligent, rythmé, facile parfois, subtil aussi. Jean-Pierre Bacri, qui a bien vieilli, est excellent, évidemment. Il y a aussi un jeune blanc-bec, ambitieux et prétentieux, qui me rappelle quelqu'un mais qui...? Foule de personnages décalés. Et puis, Jean-Paul Rouve qui campe un photographe qui n'a plus rien à photographier. Aux mariages, désormais, tout le monde s'improvise artiste, éphémère et virtuel. Qui regarde encore les photos de paysages, de visages et autres selfies, prises en rafale et qui font trois fois le tour du monde avant d'être rangées dans un fichier qu'on effacera un jour par mégarde ?

Photographe, ce n'est plus un métier sérieux! Pas plus que chroniqueur. Tout le monde écrit désormais sur tout et n'importe quoi. TripAdviQuoi? Tu veux pas mon avis, je le donne quand même. Imprimeur, pas mieux, on oublie. Chacun fait son tirage, sa copie, sa photocopie. Et même plus besoin de copies, on va économiser du papier et sauvegarder les forêts. Editeur serait un métier en voie de disparition. Alors, peut-être, artiste peintre, mais pour exposer où ? Encore une belle galerie qui va fermer au pied du Lubéron. Ce n'est pourtant pas que l'argent manque par là. C'est que l'envie d'être encore ému a disparu. Les temps sont révolus, tant de mystères non résolus...

Alors, profiter de chaque moment de répit comme un cadeau. Quand la douleur fait relâche, quand les nuages s'éclipsent, j'affrète mon yacht privé pour aller travailler ! Je rigole. Bien sûr, je partage avec d'autres la chance d'avoir une ligne fluviale qui m'embarque à 100 m de chez moi et me dépose à 200m du bureau. Et quand personne ne monte à bord, je profite de la grande salle pour écrire quelques notes, un bout de rapport qui ne saurait attendre. La Meuse pour moi seule, c'est assez fabuleux !

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Vue imprenable sur la Belle Liégeoise

Pourvu que ça dure ! Mais rien ne garantit que l'an prochain la navette reprendra du service, si nous sommes trop peu nombreux à savoir en profiter. En amont, entre Givet et Dinant, un beau projet de croisières ardennaises a pris déjà l'eau, faute de combattants. C'est très décourageant pour ceux qui se lancent, souvent avant l'heure.

Sinon, la vie est formidable ! Aussi quand la technologie s'en mêle ! Je n'arrête pas de m'étonner de pouvoir parler, en direct, à l'étudiante à l'autre bout de monde (avec des images assez nettes et un son très correct). Elle va bien, elle ronchonne parfaitement, elle voudrait pouvoir visiter davantage mais doit étudier de manière intensive. Les conjugaisons à décliner, la grammaire et le vocabulaire. J'imagine volontiers. L
e français me suffit pour la précision des mots, les difficultés qu'il recèle et les innombrables exceptions qu'il faut expliquer à l'étudiante italienne. Décrypter les textes du grand Georges et replonger dans le petit Robert. Ne pas nier que ça m'amuse. J'aurais dû être prof ! Et puis, é bella la vità ! L'autre soir, faute de place sur place, j'ai opté pour l'opéra de Liège, en direct, sur écran miniature avec miaulements. Le grand luxe, regarder la Norma allongée avec mes chats. Casta Diva, c'est déjà çà !

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Je vous ordonne donc la paix !