29/02/2016

Leo aux lauriers...

Voilà, une bonne chose de faite ! Leo enfin récompensé a bien parlé. De l'important, de l'urgent, du changement climatique. Et Demain, aussi récompensé, comme il est temps que les choses changent, que le monde bouge. On ne va pas revenir sur le film du revenant, qui évoque autant Jerimiah Johnson que l'inoubliable Aguirre, sans la même émotion, ni la même puissance. Il est vrai aussi que ces films ont plus de 40 ans que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ! On retiendra que nos trois héros ont les yeux d'un bleu profond qui invite à plonger pour mieux réfléchir le monde, notre rapport à la nature, aux autres et à la différence...

Bob-Klaus-Leo, plus ou moins fous, jamais très sages, nous donnent à voir des images du nouveau monde avant qu'il devienne ancien. Mise en abîme, du temps où les navajos n'étaient pas des idiots, les pawnees pas tous des pourris, les iroquois pas encore narquois, et les ingarikis pas toujours raonis. Le temps où on vivait autrement, au coeur de la forêt, au plus près du torrent, de la rivière, voire même du fleuve. Du temps, où on connaissait ses voisins, la famille élargie, le clan et la tribu. Bien avant qu'on invente les réseaux sociaux !

Samedi, j'ai donc traversé le fleuve, pour aller sur l'autre rive, découvrir une peuplade amie, installée sur une île en roture. Tout comme nous, ils ont des échoppes et des commerces, qui ferment à 18 heures, et le dimanche, et le lundi, mais pas le mardi ! Ils ont des estaminets et des abris-bus. Ils ont des chiens qui chient sur les trottoirs et des pigeons qui évitent les vélos. Bref, c'est tout pareil, enfin presque. J'ai découvert un marchand qui revend du matériel électro-ménager recyclé, récupéré, bricolé, voire tombé ou même neuf. Sa femme n'est pas voilée, aimable et malhabile. Lui est courageux, énervé, débordé. Il a repris mon four alternatif pour l'échanger contre un four à temps plein mais sans horloge ! La cuisine a tout de suite un autre cachet, façon aspirine, je vous épargne la photo.

Non, plus amusant, est son parcours. Venu du Nord, du nord marocain je veux dire, du pays de Nador, du pays d'où je connais les gens, d'Oujda et par-là... il entend bien rester ici ! Forcément, il y travaille comme un forcené qui sait se débrouiller avec sa camionnette qui tourne et qui pollue. Vivre au rythme de la kasbah, en trois minutes m'y voilà ! Et puis, quand il est entré dans la cour, il a eu cette phrase étonnante : "oh, c'est beau, on dirait la France, on dirait Avignon ! " Soit il est devin, soit plus sûrement il a de la famille qui vit par là ! Le frère de sa mère, c'est son oncle, non ? En repartant, il a croisé une dame aux blancs cheveux et aux yeux bleus, qui m'a demandé pour entrer ! Encore une qui veut se téléporter, j'ai pensé.

Exact ! Mais dans le temps, pas dans l'espace ! Elle a vécu là, enfin ici, il y a dix-huit ans. Séquence émotion, les pierres parlent encore, le décor a changé. Les toxicos sont partis, le grenier transformé, l'escalier disparu. J'ai plus appris qu'elle n'a ressenti. L'échange était émouvant, intéressant. Comédienne palato-chilienne, elle est partie vivre dans le Sud ! De la France, je veux dire, vous savez, là où le temps dure longtemps... Parfois, il suffit de traverser le fleuve, pour faire des rencontres et voir la vie autrement.

 

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Saurez-vous rendre à chacun de ces héros son destin ?

 

28/02/2016

Dans le ventre de la baleine...

A la fin de l’hiver, quand la lumière vient à manquer, faute d’énergie, comment recharger les batteries ? Le vent a molli, le soleil a pâli, les centrales ont failli. Reste l’eau, en refuge subaquatique, ou les salles obscures, en réserve subliminale. Sur la Meuse amarrée, la péniche accueille une entreprise musicale qui n’est pas un spectacle, juste un conte pour enfants. Une histoire qu’on raconte avec des sons, un divertissement du dimanche pour familles assagies. Un endroit où se réchauffer, au violon à clous. Un lieu où se ressourcer, au ventre de la bête. Je ne vais vous spolier, toute l’intrigue est dans le titre du film. L’aura ou pas son oscar, le lascar ?

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La batte vue du bateau !

18/02/2016

Demain

Hier, j'ai vu Demain ! C'était donc aujourd'hui, vous aurez compris ! C'est aujourd'hui qu'on peut changer demain, sachant qu'hier est lourd d'un héritage qu'on ne peut ignorer... Nous voilà donc plongés dans la spirale temporelle, avec effroi, avec espoir. La Terre s'enfuit, le temps s'accélère, l'humanité en voie de disparition. Le constat est alarmant, les enfants alarmés. La fenêtre pour agir se rétrécit à vue d'oeil. Il va valoir passer par le chas de l'aiguille du Midi, inventer la fable du chat et de l'anguille, donner sa langue au chat,... je ne sais pas, moi, faire quelque chose !

Il y a quelques années déjà que je m'y emploie ! Mal assurément. J'ai beau tirer la sonnette d'alarme, animer des débats, projeter des films en circuit court, former, éduquer, expliquer, réexpliquer, être un rien en avance, un train en retard. Supprimer la télé, évacuer la voiture, lancer des guildes durables qui ne tiennent pas, acheter en monnaie locale, faire la foire aux objets désuets, préparer des agendas 21 qu'on oublie, trier les déchets, recycler les idées, visiter Malmö, et traverser le pont de Copenhague. Là où tout a commencé, la radio en stéréo, les affaires européennes, les amours éternelles. Refaire le chemin à l'envers ? Prendre un vélo, monter dans la montgolfière, retourner au bord du Rhône ?

D'abord, reprendre un livre d'histoire, qu'on appelle wiki ce qui est formidable aujourd'hui. L'ouvrir à une page au hasard —mais le hasard existe-il ? — comme on tire une carte de tarot. Et puis, lire :

En 1774, Étienne prend la responsabilité de l'entreprise et Joseph est nommé responsable technique des ateliers de la papeterie Montgolfier. L'entreprise se développe, en particulier par la mise au point, du premier papier vélin français. En 1780, une unité dirigée par Joseph s'ouvre, en Avignon, où il existe un important marché, en raison du très grand nombre d'imprimeries locales. De nombreux imprimeurs y travaillent en effet pour éviter la censure royale et ne pas payer les droits sur des copies d'ouvrages !  C'était donc hier...

En novembre 1782, alors qu'il est à Avignon, Joseph fait une première expérience, d'abord avec un morceau de papier, puis avec avec un morceau de taffetas de soie qu'il parvient à faire monter au plafond de la cheminée. Cette expérience a lieu dans la Maison aux ballons...  que je m'en vais retrouver de ce pas, car je ne sais pas où elle est ! Moi qui me targue si volontiers de tout connaître dans la Cité de mon coeur ! La maison se distingue, paraît-elle, par des balustrades en fer forgé portant chacune la figure d'un ballon. Promis, je vous mets la photo très vite, dès que je redescends, avec le printemps ! Et puis, je me mets très vite aussi à réfléchir à comment faire autrement de nos vies. Tiens, c'est déjà demain... 

Courez-y (existe aussi en téléchargement) mais c'est bien de faire vivre votre cinéma local ! 

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Le film qui redonne l'envie d'être optimiste...

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Le sourire de Rob Hopkins, l'inventeur des villes en transition et sa monnaie locale, avec une spéciale dédicace à Eric et à Sven, avec une préférence pour le billet à l'effigie de Bowie, avec une mention pour le valeureux liégeois ! 

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Vandana Shiva, mon icône personnelle, déjà vue dans le film de Coline Serreau "Solutions locales pour un désordre global", en 2010. C'était hier et c'est toujours vrai ! Mais que faire aujourd'hui pour demain  ?

 

20/01/2016

Sale temps pour les artistes

Nous nous sommes tant aimés,
une vraie passion d'amour.
Allongée sur la terrasse, je repense à
cette journée particulière,
le dîner et puis le bal,
la plus belle soirée de ma vie.
Maintenant, quand je regarde,
autour, ils sont tous devenus
affreux, sales et méchants !

Mais, je me fais sûrement des films...

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Ciao, l'artiste !

22:03 Publié dans Cinéma, Film | Lien permanent | Commentaires (1)