06/02/2018

Bleu Spa

Alors que la place est blanche, le ciel gris, le vent violent, je vous mets du bleu de spa. Celui des bouteilles et des cures de jouvence. A guetter les éclaircies, il arrive qu'on soit surpris de voir la vie qui défile sans crier gare. La mienne se résume trop souvent à des trains. Celui-là était incertain, comme une période romaine qui s'achève, comme une page qui se décolle. Comme la fin d'une histoire qui marque aussi un nouveau départ. Celui-là était chaotique, comme un samedi, avec changement dans une station à l'abandon, sans indication. Un quai sans nom, une voie unique, un escalier, un couloir, un cauchemar. Après, le tortillard, qui arrive d'Aachen tout seul comme un grand avec deux voitures, nous conduit vers la perle des Ardennes. Tout un poème. Sur la place grande, Souchon rame, rameurs, ramez. Même le bleu pique aux yeux.

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C'est la fin du sapin !

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Funiculaire qui monte, qui monte...

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Moulin qui n'est pas de Daudet

Dans les bains, se baigner. Se détendre, se relaxer, se reposer. Tourbillonner. Et puis discuter. J'aime bien ces moments volés, qu'ils soient mouillés ou apaisés. L'amitié retrouvée, la complicité renouvelée. Le temps en suspens. Les jours qui s'étendent. Vivement le printemps. Faudra-t-il encore longtemps nager à contre-temps ? Depuis que l'apprentie japonaise est revenue, elle fait du chinois. Depuis que l'apprenti architecte est arrivé, il fait des dessins. Et moi, je fais des plans sur la comète !

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Cadeaux du Japon

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03/10/2017

Bleu d'automne

Le long de la Durance, les pommiers sont en pommes. Par ici, le bleu est parfois gris, et les reinettes font grise mine. Pourtant, il fait chaud, très chaud, encore. Assez pour se promener, décapoter le cabriolet qui décolle (je rigole). Assez pour grimper, comme un cabri à Cabriès, sur la traverse du pied de la chèvre, j'invente rien. Té, je vous mets la photo, il y a du bleu !

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C'est une maison deux...

Prendre les chemins de traverse, retraverser la Durance, jusqu'à Lourmarin. Le joli coin, où Camus et son ami René s'étonnaient de tant de lumière, de tant de lucidité. D'une brûlure proche du soleil. Si proche, qu'il a mordu Miréio qui en mourut. Parfois, je me sens un peu fada mais rien n'est fade par ici même si on raconte beaucoup de fadaises. A Cucuron, le bassin n'est pas rond. Il me rappelle celui de Pamplemousses, sans nénuphars, sans maurice, sans ma mère, sans amertume. Juste une image. Té, la voilà !

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Carpe diem

Des images comme s'il en peignait ! Gauguin sur son île à Tahiti m'ennuie. Enfin, le film, surtout. Cassel est très crédible mais entre deux Vincent, je préfère Van Gogh. Alors, on retraverse la Durance, vers la Crau et Saint-Rémy. Au pays de Maillane et de Mistral. Près des Antiques, autour d'un cloître ancien, une chambre monacale, et un jardin. Avec des iris, des blés, des oliviers, des nuits étoilées. La folie transcendée, la lumière si proche du soleil, si paisible pourtant. On n'entend rien des cris de douleur. Les couleurs des arbres japonais, l'inspiration comme une respiration. Au pays de Vincent, des images revivent, reviennent. Séquence émotion. On n'est jamais au bout des surprises en Provence. Le pays d'où je suis d'ici.

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 Reproduction interdite

 

04/09/2017

Il pleut des chiens et des chats

Le petit chien de la voisine F est rené, renaquit, rescussité, rescued, ressuscité, je ne sais jamais comment ça s'écrit ! D'ailleurs, je n'y crois pas. Il paraît désormais que Jésus n'a jamais existé, ils viennent de le prouver. Enfin, c'est comme l'existence de dieu, on ne peut jamais prouver que quelque chose n'existe pas. Sauf dans l'imaginaire des unes et des autres. Moi, je dis que seule Marie-Madeleine exista, s'exila, s'exposa, s'extasia, et cetera, pourquoi pas. 

Revenons à notre chien. Ce n'est pas le même bien sûr ! Vous vous en doutiez ? Quand on voit comment va le monde, dieu doit être bien caché au fond d'un trou si profond qu'on l'appellerait le diable. Dans un geste de bonté infinie, il a quand même permis à la voisine très triste d'adopter un autre chien, plus sage et plus malin, plus grand et moins gros, qui pourra monter les escaliers sans se fatiguer. Il aboie peu aussi. Et la chienne du bas en est tombée amoureuse. La vie est bien faite parfois.

Dans ma cour... il y a des chats et des chiens, et des voisins. Au rez-de chaussée, le chat angora, au poil tout mêlé qu'on est obligé de raser, ne ressemble à rien. Il est gentil et malin. Il fuit sa maîtresse distraite pour aller squatter l'appartement du voisin au gros chien, qui est une chienne comme vous savez. Parfois, il s'enfuit dans la rue, et revient blessé. Tout le monde se cotise pour l'emmener chez le vété. Il dort volontiers sur le coussin de la chaise en osier que la voisine —l'autre qu'on appellera A— a posé à son intention toute particulière. Et aussi à l'usage de nos fesses quand le temps est d'attendre. Elle a un petit chien, elle aussi, tout riquiqui-tekki, qui aboie quand il me voit mais parce qu'il est content. Sa queue sert à la fois d'indicateur de pression et mesure la direction du vent. Enfin, je crois! Je n'ai jamais compris pourquoi certains veulent l'appeler baromètre. 

Au second, il y a un chat très fin, très gris, très timide, qui sort peu. Et quand il tombe, c'est sur ma terrasse. A l'heure du premier carillon, vers 8h05, timidement, la voisine G vient frapper à la porte pour le récupérer. Elle se glisse discrètement dans la chambre, elle récupère la bête toute heureuse qui se blottit dans ses bras. Affaire classée, jusqu'à la prochaine fois.

Et puis, chez nous, il y a deux chats que vous savez, qui ne sont siamois que de nom et birmans de sang, ou inversement. On les reconnaît facilement, le mâle est sans queue, la femelle se frotte sans se laisser caresser. Quand le temps est au bleu, ils jouent sur la terrasse, mangent le bambou, chient dans les pots, se cachent sous linge qui sèche au vent, se vautrent au soleil, s'étalent à l'ombre et se coursent joyeusement. Parfois, ils tombent. Dans la cour. Le gros chien aboie, la voisine, une voisine A-C-D-E indifféremment, vient sonner : ton chat est tombé! On ne sait jamais comment c'est arrivé. On le récupère tant bien que mal et avec beaucoup de malice. Jusqu'à la prochaine fois.

Et puis l'autre jour, le sans-queue, comme il y a des sans-dents, des sans-papiers, des sans-rien, est allé se promener dans la cage d'escalier. Il adore ça. Les odeurs de l'autre chat, du chien qui passe, des araignées au plancher. Quand il peut ou qu'il pleut, il se précipite vers la cave, noire et gluante, puante et glissante, qu'on dirait que le diable s'y est caché. Opportunément, la porte en reste désormais fermée. Vexé, ce jour-là donc, il est remonté et monté, monté. Jusqu'au toit. S'est faufilé par la fenêtre mansardée qui était entre-baillée. Et voilà le résultat !  

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Nouvelle gargouille !
Jugez mon émoi et n'en parlez pas à l'étudiante qui japonise !

C'est la voisine du fond de la cour qui l'a vu et surtout entendu miauler. De plus en plus fort. J'y suis, j'y reste et je ne bouge pas ! D'ailleurs, j'ai le vertige. D'ici, je vous vois tous, et les chats et les chiens et les voisins et les voisines qui s'agitent. Et ma maîtresse qui grimpe à l'échelle de la voisine D, sur la terrasse de la voisine G. Puis qui vient m'appeler par la fenêtre des voisins H. Si elle croit que je vais revenir... et courir tout content vers elle, comme un chat normal ferait ? Pas du tout, je suis terrorisé. Je suis tétanisé. Je ne veux plus bouger. Manquerait plus qu'il faille appeler les pompiers !

Et puis, effet du saint-esprit-et-du-clocher-réunis, après une demi-heure de patience et d'angoisse, il s'est mis à ramper, à tout-tout-petits-petits pas. Alors qu'il avait à peine 2m à franchir sur une corniche de 30 cm de large, ce qui représente un boulevard pour félins, il n'avançait pas. Et quand enfin, je l'ai réussi l'attraper, MIRACLE ! Celui-là, on pourra dire qu'il s'est fait prier. 

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Au Japon aussi, ils vont prier et mettent
des chiens-lions à l'entrée des temples...

L'étudiante se régale
et j'adore les photos qu'elle envoie.

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Nourritures terrestres...

 

17/08/2017

Bleu orage

C'est un ciel orange avant l'orage. Une lumière venue d'ailleurs. Un changement de planète. Une pollution qui ne dirait pas son nom. Une menace extraterrestre. L'heure où tout pourrait basculer. Ca ne va pas durer. Il est 21h à l'horloge du clocher. Il est minuit par ici, il est tonze heures par là. La photo est trop pâle. Les couleurs trop métalliques. Non, ce n'est pas ça. Le ciel était orange, les fenêtres étaient orange, la cour était orange, la place était orange. Orange est-ce une couleur, un fruit, une ville ou seulement un songe?   

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Pourquoi cette inversion des codes ? Une spirale du temps. C'est Nimitz, le retour ! La cabine du bon docteur whooo qui délire. 1Q84 réécrit. Une morsure du serpent maya. Une courbe spatio-temporelle. Le téléphone sonne. Il n'est pas huit heures, c'est l'heure de la traite, une erreur certainement. Et c'est là, monsieur le juge, que tout a basculé. 

Ma fille a décidé de partir au Japon. Kim a décidé d'attaquer. Donald a menacé de répliquer. Des oeufs pourris se sont lancés à la tête. Crâne-d'oeuf premier est intervenu pour calmer le jeu. Et moi, j'étais là. Comme un observateur en pleine neutralité, à quoi penser ? Je ne ponds plus depuis que le fipronil m'a pris tous mes enfants. D'interview en discours, j'ai coupé le son. Je suis partie promener sur la rambla di lîdje, drôle d'idée...

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En bord de Meuse, j'ai vu ça. Et là, mon coeur a fait boum. Un feu d'artifice du 15 août, tiré le 16, parce qu'en république, chacun fait ce qu'il lui plait ! A midi, j'avais pris la navette, pour changer. J'aurais pu chavirer. En soirée, goûter le vin de groseilles avec des Lorrains bien arrosés. J'ai dégusté. Au matin, mal réveillée, découvrir un écran clignotant comme un philtre puissant. J'ai déliré. Sur le réseau virtuel, big data se moque de moi. Mon pire ennemi me demande en ami. Faudrait que j'arrête le café. Je sens que tout va recommencer, comme avant, comme jamais. Le voisin qui revient, une maison improbable, des dettes, un projet, deux projets. De l'espoir, des espoirs. Raccrochez, il n'y a pas d'abonné au numéro que vous avez demandé... il n'y a pas d'abonné... il n'y a plus d'abonné... il n'y a plus... il nia... il nia... il a plu ! Que la fête commence, que l'orage éclate! 

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04/02/2017

Blanc de bleu

Vous voulez du bleu ? Voici du blanc ! Après une traversée hexagonale sous un pâle soleil, arrivée sous le grésil, le blizzard, la neige et la glace ! Bienvenue dans le Gard, n'espérez pas voir le pont, ni le Rhône, à peine la gare ! D'accord, on est fin janvier mais avouez que c'est rageant. Se geler, se cailler, se cacher sous la couette, alouette ne te découvre pas d'un fil, avril est encore loin. 

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Du train, on voit bien
qu'on file vers la Sibérie. 

Le voyage avait pourtant bien commencé, aux guillemins-guillerets, avec un bus pas même bondé, un train pas même en retard. A la Zuid-Station, les escalators du quai 15 étaient même en panne, vous dire si tout était parfait. Au guichet de la stib-mivb, appelé indifféremment KIOSK ou BOOTIK (je n'ai rien inventé, ils se sont surpassés), on a même été servi en français et très rapidement comme c'est très différent de Lîdje ! Le temps de se poser, le temps de se retrouver. Séquence émotion, c'est la première fois... depuis 4 ans, que je redescends avec mon enfant en Avignoùn, dans le train à toute vitesse.  Elle a bien grandi ma fille, elle a délaissé ses livres trop lourds, opté pour la tablette. Confiante, elle attend les résultats de sa session. Suspense, suspens. Ils ne sont pas pressés de communiquer les notes. Alors, on descend, on descend, puis on s'arrête. 

La ville sans elle, la ville avec elle, n'est pas tout à fait pareille. D'abord, il faut guetter le bleu entre les nuages, ensuite écarter les souvenirs, faire le tri entre le miel et l'amer. C'est un ciel fâché et sans mistral, elle ne peut même pas râler. Elle n'aime pas, c'est décidé, affirmé, définitif. Point barre. Pas d'interrogation, ni subjonctif, ni conditionnel. Pour la nostalgie, je peux me brosser. Trop froid l'hiver, trop chaud l'été, elle a détesté. Voilà c'est dit. C'est sale, c'est triste. Je peux remballer mon lot d'illusions, mon flot d'imagination, mon affection pour une cité interdite de toute émotion filiale.

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 En demi-teinte,
le palais se laisse deviner...

Pourtant, en rusant, on arrive encore à partager des moments éthérés. Entrer dans une bouquinerie, acheter du thé, essayer des chaussures. En complicité, jouer aux reines du shopping déguisées. Déguster des sushis, se frotter à la compagnie des chats. Elle aime ça et ne s'en cache pas! Finalement, tout ça reste mystérieux, le choix d'une ville, l'âme d'un lieu, les rues traversées. La liberté respirée, le nez en l'air, la tête ailleurs.

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Où on voit bien que les photos
ne sont pas de moi !

Profitant d'une journée éclairée de bleu retrouvé, à la mer retourner. Mon Sud à moi, il est bleu comme ça ! On y voit des palmiers, en janvier. On y mange dehors, sans faire de photos des assiettes garnies. On se dit que le printemps ne va plus tarder, que le moral va remonter, avec les degrés. Que bientôt il faudra remonter mais on évite d'y penser. On fait le plein de lumière, on oublie l'hiver.

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Ceci n'est pas un riad !

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Ceci est un trompe-l'oeil...
visible uniquement par ciel gris !

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Plein de bleu avec du blanc
(peinture céleste)

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Janvier à la plage...

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01/01/2017

Bleù sauvage

A l'Ouest ! Un peu distraite, ni tout à fait au Nord, pas encore vraiment au Sud, voilà que je m'égare. J'oublie le rôti au four, les gants sur le comptoir, la carte magique dans la mauvaise poche, mais où sont mes clés ? Il y a des jours moins drôles que d'autres et ceux-ci font partie des jours sans. Maudits pavés qui m'ont fait chuter. Distraite j'étais par le sourire d'une enfant. Talons trop hauts. Maudits pavés qui me brûlent les pieds! Manquerait plus que l'alarme se déclenche. Gagné! On a réveillé tout le quartier, pas même endormi à l'heure de réveillonner. Les pompiers, déjà passés, ne sont pas revenus. Les badauds accourus voir le feu d'artifice, par flopées, sont arrivés. Qui peut me dire pourquoi les premières fusées ont été tirées bien avant l'heure? A Noël déjà, ça pétait en tout sens, sans aucune direction. Toujours un coup d'avance. Ou comment réussir à ne jamais plus vivre le moment présent. 

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Il paraît que le coeur de Grétry bat ici,
face à la ville, dos à l'Opéra.

Or donc, nous voilà en 2017 ! Vous êtes toujours là? Ouf ! Bref retour en 2016. Vendredi, petit tour à l'opéra, l'esprit était à la fête, l'air au french cancan. Offenbach, en fin critique du second empire, dans une mise en scène inventive, j'ai bien ri. Ça ne mange pas de pain, ça se déguste comme de la brioche, sans trop penser. Le public, coincé dans un costume mal taillé, semblait moins ravi. Pouah, une opérette!

Décidément que cette ville m'ennuie. Bourgeoise, pas même branchée. Dans les rues décorées, l'extrême pauvreté côtoie une richesse obscène. Les femmes aux sacs ostentatoires ne croisent jamais le regard de l'homme assis sur son carton. Des familles entières débarquent des quartiers ignorés pour se gaver de lumières et de cadeaux inutiles. Sur le marché bondé, boire et oublier, s'enivrer et s'esclaffer, s'étourdir pour ne pas pleurer. Que tout ça me semble gras.

En cette fin d'année, très mal chaussée, j'ai continué à arpenter les chaussées. Tel un chat, élargir mon terrain d'observation. A Sainte-Marguerite, sans rime ni raison, investir une boucherie turque. Dans une boulangerie politique, cachée en Outremeuse, attendre que le pain craquant sorte du four. Puis se battre pour en avoir un. Tout ça reste un peu indigeste, voire prémonitoire. Tiens, encore des pétards!

Au jour de l'an, se régaler d'une choucroute, attablées dans un bistrot kosovar, qui porte le nom improbable de building. C'est dingue, non? Encore une tradition à se demander qui l'a inventée. Il paraît que, par ici, la pièce sous l'assiette garantit la fortune à l'année. Nous voilà parées. Le patron a pensé tout ! 

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C'est pour mieux vous écrire !

Des projets, il n'en manque pas pour 2017. Le pays du soleil levant nous attend. Enfin, l'étudiante surtout ! A l'automne, elle ira dans une université située dans une cité dont on ignore encore laquelle. Pourvu que la Terre ne tremble pas. Vers l'Est, elle s'envolera. Pas certaine de pouvoir la rejoindre. A l'Ouest, je continuerai à vagabonder. Toujours plus à l'Ouest, qu'ils disaient! Sur le marché mal fréquenté, voilà que j'ai retrouvé des bleuets, qui me filent le blues. Du temps où je traversais le Québec et l'Ontario, le long du Saint-Laurent jusqu'au Saint-Jean. Et c'est là, monsieur le juge, que j'ai repris la carte... et la boussole.

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Comme une envie de retourner
à Pointe Bleue...

23:25 Publié dans Avenir, Evasion | Lien permanent | Commentaires (1)

08/12/2016

Bleù dijeù

A peine remontée, la foire démontée, voilà qu'on installe les chalets ! A Lîdje, pas le temps de s'ennuyer, faut s'amuser, c'est obligé ! Sur la place du centre, la roue tourne, les lumières scintillent. Y a de la bière et du péket pour ceusses qui en veulent. Y a surtout du boudin comme j'aime bien et le fromage de Madeleine qu'elle fait si bien. Faire un détour par les p'tits producteurs en neuvice, ça devient du vice ! Circuit court toujours, nos artisans ont du talent et les plus valeureux sont présents. Finalement, ça circule pas mal, les monnaies locales, qu'on appelle roue en Avignoùn.

Sur la place saint-bart-aussi, les guirlandes dans les tilleuls ont chassé les dernières feuilles. Nous voilà gâtées cette année ! A défaut d'un marché provençal, une sapinade à la fontaine, des lumières au balcon, de jour comme de nuit. Mais c'est Nôewell ?

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Où on voit bien le bleu et le nid

Adieu l'automne, l'hiver ici a pris racine. Le bleu de froid se glace mais aucun vent malin ne vient  chasser la pollution. Sauf un dimanche matin où la tempête annoncée a fait fuir la batte, sans autre dégât... La tornade a frappé le plat pays et épargné les plateaux. Dans ce petit royaume, les alertes météo s'avèrent aussi imprécises que les niveaux 3 et 4 d'un danger tant redouté. On se croirait dans un ascenseur de la zuidstation, jamais tout à fait certain qu'il va monter ou descendre, que la porte va s'ouvrir ou pas. L'autre jour, pour changer, on a pris les escaliers à la gare-européasche-statie, enfin sortie du chantier. Tout finit par arriver !

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Parc à souvenirs...

A Brüssel, ma belle, faire une escale en ce jour très lumineux. De japonaiseries se régaler, à boire et à manger. Des estampes, en veux-tu en voilà ! Des amies retrouvées, des complicités partagées. Ces moments-là étaient vraiment bien ! Après, bien sûr, il y a eu à gérer, interroger, décrire et souffrir. J'ai oublié de vous écrire... Dire que c'est la première fois, depuis 5 ans, que je ne suis pas à Avignon pour la fête à André ! Ne sais quand descendrai...

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Bleu japonais avec des reflets

La vie comme elle est, imparfaite