07/05/2014

Est-ce que ce monde est sérieux ?

A Tarascon-Pont, j'ai traversé le Rhône. Le train est à destination de Port-Bou-c'est-encore-loin-mais-où ... sauf que je descends très vite. A Nîmes, la ville avec un accent! J'adore ce slogan qui n'est pas de moi !  Le bleu n'est pas bleu, les arènes à leur place, le rendez-vous sur la place. En cette journée-mondiale-des-amitiés-littéraires-nées-dans-l'éther, qui aurait pu être hier, le rendez-vous est chaleureux, simple et sans enjeux. Quand deux auteurs se rencontrent, ils se racontent des histoires d'histoires à écrire... tout simplement ! Cette fois-ci, j'ai fait bien attention d'éviter les allusions aux éditeurs foireux et toutes les recommandations fumeuses. Et on n'a pas abordé non plus la guerre des étoiles, vu que la force est en nous quoi qu'on fasse.

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 Corrida au repos, fin de sangria  !

Bien sûr, je ne m'attendais pas à croiser le-très-léger-lévy-en-chair, dès mon arrivée en gare ! J'étais même étonnée qu'il se charge lui-même de faire sa pub, en pied et en couleurs, sous les néons du couloir secondaire.  Que ne ferait-on pas pour vendre sa prose ? La pute à la gare ! Ce qui, entre parenthèses, me paraît peut-être plus utile à l'humanité mais je ne vais pas ergoter. Chacun lit ce qu'il lui plaît. J'avais seulement une autre idée de la littérature.

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Auteur faisant le pied de grue

A vrai dire, je me fais surtout une autre idée des auteurs. Modestes, plus souvent, discrets, façon Modiano, doutant de leur talent, presque gênés d'oser mettre des mots sur des histoires qu'on dirait insolites à défaut d'être originales. La création est un mystère, et les créateurs des êtres sensibles et incompris. Enfin, il me semble. Et ceux qu'il m'est arrivé de croiser sont touchants de cette fragilité. Nul ne sait ce qu'il adviendra de leurs vers, ni vers quel univers ils iront un jour se faire publier. Ou pas.

En attendant, je vous mets l'allée du roi, qui s'ouvre à tous les rêves de gloire au sortir de la gare. On y a mis des bancs pour se parler, des tables pour écrire, des jeux pour les enfants grandissant tandis que leur maman lit ce qu'elle appelle un roman. Un fin filet coule qui rafraîchit les idées, c'est très joliment fait. Avant les vêpres, j'ai repris le train, nourrie de mots et d'images, toujours ouverte à d'autres découvertes. J'ai renoncé à acheter un violon électrique et j'ai remis mon cachemire. J'ai laissé les taureaux sur les cendriers gravés et le toréro de bronze sur la place sans soleil.

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Ce n'est pas encore Versailles !
 La vieille gare de Nîmes a été
rendue plus belle, à l'image de la ville,
rénovée après les inondations.
Elle s'étend très sereinement, riche et
lumineuse quand le soleil s'invite.  

12/08/2013

Le vent tourne

Ici, le Mistral est revenu ! De plus belle et toujours plus fort. Comme on l'aime, bien décoiffant. La température a baissé, à peine. On dépasse largement les 32°, c'est dire si le vent s'apprécie. Il est un peu traître, comme il se doit. Il fait voler le chapeau-madness-de-mireille et tous les sacs-laroque-en-provence accrochés au portique sur le marché. Il fait oublier que le soleil est brûlant sans la crème et que la peau est si vite brûlée qu'il faut en mettre quand même, de la crème ! Un vent si froid qui refroidit l'air et la mer qu'on dirait un glacier fondu ! C'est bien la peine de venir se baigner en Méditerranée. D'ailleurs, je vais remonter ... ça suffit, les vacances à l'année !!!

Quoique ... ce serait vraiment idiot de se priver du bleu, alors que j'ai enfin trouvé un bel endroit pour écrire.

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Où on voit bien que le chapeau de Miréio s'est envolé et qu'elle a des Lettres, bien sûr !  

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Où on voit bien les effets du Mistral à Arles, qui gonfle les voiles, le long du Rhône, non loin de la Place Nina Berberova, une grande écrivaine découverte et éditée par un ancien Belge qui a résolument choisi l'option Sud ... 

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Spéciale dédicace à tous les écrivains en verve !

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Spéciale dédicace aux fous de Camargue !

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08/08/2013

Our House

C'est une maison aux couleurs d'Occitanie, dans un village après l'orage. Les volets sont fermés. C'est dommage ! Les habitants ne voient pas que, sur le marché, des tableaux sont exposés comme autant de rayons d'un soleil, enfin revenu et jamais disparu. On imagine aisément qu'ils sont plongés dans un livre de souvenirs qui reste à écrire, avec des détails à foison comme autant de frises au fronton.  

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17:39 Publié dans Livre, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

25/07/2013

Le début...

Il était une fois, une première fois, une pierre fondatrice. Ainsi naquit le verbe, l’envie de raconter des histoires, des histoires premières, celles qui construisent la suite, qui bâtissent un monde.  Premier sourire, première dent, premier pas, premier émoi. Il était une fois, un homme qui grandit et qui fait des rencontres qui l’aident à grandir. Premier jour d’école, premier boulot, premier concert. Première bière amère, première photo osée. Premier baiser, première femme. Premier drame, première larme. Il était deux fois, des erreurs qu’on ne refait pas quand on les a faites une fois ! Parfois, la première fois n’est pas la meilleure, parce qu’on ne sait pas. On ne sait pas encore que cette première sera suivie d’une longue série d’autres fois. Parfois, la première fois reste en suspension, il n’y en aura pas d’autres mais on ne le sait pas. Il y a toujours un moment de surprise et d’étonnement quand une chose arrive pour la première fois, qu’elle soit unique ou pas !

Il y a donc certainement beaucoup de belles surprises dans ce premier livre d’Eric Laforge, qu’on attendait depuis longtemps, tant on savait qu’il écrit comme il respire. Avec beaucoup d’esprit ! Et on se doute déjà que ce livre ne restera pas unique puisque maintenant tout sera différent !

C’est la première fois que je promeus un livre que je n’ai pas encore lu ! Ni même relu, corrigé ou inspiré ! Un livre qui m'est totalement étranger, sauf qu'il parle forcément de moi et de vous, de nos premiers pas et de toutes ces fois dont on se souvient ou pas. Je vous le confie en confiance. Il faut un début à tout !

Ce livre, on peut le commander aux Editions Lamiroy qui lancent de nouveaux auteurs. Et rien que pour ça, on les aime déjà ! Ca s’appelle « Les premières fois », je précise au cas où vous auriez un doute !

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21:23 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/06/2013

Ex-sous-pression

Hier, j’ai vu le futur du roman, il s’appelle Wictorien ! Ca vous fait marrer ?  Vous avez raison !  Et tort bien sûr ! Parce que celui-là n’est peut-être pas le seul à incarner l’avenir de la littérature mais que son ouvrage est très prometteur de lendemains qui chantent. Pourvu qu’il trouve vite un éditeur pour lui faire confiance.

Hier, donc, j’étais à Aix, où il fait pareillement chaud qu’à Avignon, la rivière en moins, les fontaines en plus. Il y a des marchés provençaux qui sentent bon comme dans une chanson de Bécaud. Des places ombragées, des détours de rues et des caniveaux, moins d’églises, plus d’étudiants. Des bistrots en terrasse et plein de magasins chics et chers. La belle endormie, elle s’appelle ! C’est vrai que pour y aller, il faut prendre son temps. Une heure et demie en car, je me suis endormie, vous pensez bien !  Après une journée pareillement illuminée ...

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Dans une cour à l'ombre,  il y avait aussi une exposition étrange, intitulée "Femmes après coups", organisée par médecins sans frontières. Il y avait des photos et des mannequins. Mais pas que. Il y avait aussi des femmes et des sacs. Des femmes et des regards. Les ombres de Marie, de Clotilde, de Kristin, de Shan, de Mouna, de Lisa, de Zeineb, de Zelda, ... de toutes les violences faites aux femmes, banalement, par accident, par habitude. 

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Et puis, il y avait un grand musée dans lequel, je n'ai pas pu entrer. Pas cette fois. Il paraît qu'on y voit les toiles de Cézanne et d'autres artistes connus, et moins connus. A l'office du tourisme, j'ai demandé s'ils assuraient la promotion des peintres de la région sur des cartes ou autres objets déclinés en souvenirs emportés ? Pas s'ils sont d'Avignon, m'a-t-on répondu ! A quoi pensez-vous, on est dans le 13 pas dans le 84 ! De toute façon, on ne prend que des Cézanne ou alors ... Picasso !!! C'est en Espagne qu'ils vont être contents ! Et les peintres locaux qui sont ravis de la place qui leur est accordée. Ainsi, donc l'art serait mort au XXe siècle ? Pourtant, je connais un peintre qui a déja sa rue à Aix avant même d'être célèbre. L'office du tourisme n'est pas au courant.

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Laroque-en-Provence