05/05/2017

Bleu de mai

Au premier mai, il y a des travailleurs, des odeurs qu'on appelle parfums, des relents de printemps. Des roses qui embaument au jardin, du muguet qu'on offre au matin, des fraises qu'on déguste à la main. Il y a une légèreté qu'on voudrait décliner. Une indolence à rêvasser. Au milieu du Rhône, sur l'île de la Barthelasse se promener, croiser des gens. J'adore ça ! Des gens tous différents, très mélangés. Pas seulement des enfants, avec leurs parents. Pas seulement des grands-parents. Pas seulement de jeunes amoureux, pas seulement de vieux amants. Pas seulement des femmes voilées, des filles dénudées, des gars torse-nus, des gaillards tout barbus. Pas seulement des pêcheurs du dimanche, des mémés emperlées, des dragueurs patentés. Pas seulement des familles, aussi des amis, parfois des voisins. Des gens même qui viennent de loin, de l'autre rive du fleuve, de l'autre rive de la Méditerranée, des étrangers qui parlent une langue étrange, des gens avec plein d'accents chantants. Il y a des ballons, des trottinettes, des poussettes, des vélos, des glaces, des cannettes, des cannes, des canetons et des canards. Douce France, celle que j'aime ! Il se dit qu'elle passera. Elle ne passera pas, je te le dis moi, té ! 

 

— Interlude sans raison —

 

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La dolce vita que voilà !

08/05/2016

MAMAC en mai

Voilà que pour passer de l'hiver à l'été, il aura suffi d'éternuer ! De mars, nous voici en mai ! Je n'ai pas compté avril autrement qu'en NuitDebout, du #32 mars au #61 mars, assise derrière mon ordinateur. Sur la place, au milieu d'incroyables comestibles et d'improbables Terriens déguisés en Marsiens, j'en aurais des choses à raconter si seulement j'avais pris le temps de tout noter. J'y reviendrai, lors d'une prochaine chronique martienne lorsque j'en aurai fini des chroniques japonaises. L'étudiante se concentre, le terme approche, j'y reviendrai aussi.

Or, donc, pas besoin de tégévé cette année, il fait plus chaud dans le Nord que dans le Sud ! Il fait meilleur sur l'île de la Boverie (du vieux wallon beuverie) que sur l'île de la Barthelasse (du provençal bart-hélas mais l'étymologie n'est pas garantie) où le décor est plus classe quand même ! Dès que le thermomètre s'emballe, on voit bien qu'il y a partout les mêmes gens, les mêmes chiens, des vélos pareils, des enfants, des poussettes, des canettes et des canetons, de la musique et du son. Dès qu'il fait trop chaud, rien ne ressemble plus à un humain en chaleur qu'une femme sans ardeur. Oufti! J'avais oublié comment c'était quand on transpirait... D'ailleurs, à 21 heures, ils sont tous assis !

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Il me plaît de croire que la petite maison fut celle mes grand-parents...

Hier donc, j'ai cédé à l'appel des sirènes pour aller voir le ballet nautique, pompeusement appelé opéra. Il se déroulait sur la dérivation de la Meuse, qui est un bras de l'Ourthe, entre l'ile précitée et le quartier des Vennes, plus facilement dénommé médiacité (du latin médiocre), c'est-à-dire centre commercial pas chic et trop cher. Vous situez ? Pour y accéder, depuis la nouvelle gare Calatrava (puisqu'on dit comme ça), une passerelle ! Que dis-je, une ? Elle se dédouble, même qu'on l'appelle La Belle Liégeoise, puisqu'elle a deux jambes, entre lesquelles se glisser. Encore fallait-il oser ce nom! Qui se souvient de la grande révolutionnaire, Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt ? Ca lui fait une belle jambe maintenant d'avoir une passerelle sur la Meuse, AJTDM ! 

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Passerelle avec du rouge

Sur la passerelle, donc, je n'ai jamais réussi à monter, quand la pluie a commencé à tomber. Nous étions cent, nous étions mille, et par de prompts renforts, la passerelle pouvait céder sous la pression de nos corps échauffés. Nous étions filtrés, comme à l'aéroport et comme dans toutes les gares ! Au compte-goutte sous les gouttes, sans passe-file se faufiler. J'ai renoncé à emprunter ce tire-fesse-à-badauds. Venue à pied, je suis repartie en bus. La noria des véhicules polluants valait bien la roue à aube qui s'enflammait sur l'onde agitée. Avec sa voiture flottante et son cygne à vélo, ce son et lumière n'avait d'opéra sur l'eau que de nom. Un feu d'artifice en musique auquel les plus valeureux des Liégeois ne pouvaient accéder, puisqu'on avait jugé opportun d'obstruer la vue du pont. Derrière les nadars autant dire qu'on voyait nada!

Vous dire que cette soirée-là ne restera que dans l'imaginaire des plus téméraires ! 
D'une fille juchée sur les épaules de son compagnon, les commentaires se font en direct, façon Léon, mais sans emphase : "...j'aperçois un garçon sur une barque-poubelle, en vert... et voilà un autre qui s'approche dans un lit, mais que fait-il? ... je ne saisis pas bien l'intrigue..."! 
C'est là que j'ai renoncé à comprendre pourquoi j'étais là.

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 Arbres bleus, façon Vincent !

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Fleuve rouge...

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D'ici on voit bien qu'on ne voit rien !

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Musée d'art moderne et d'art contemporain,
c'est incertain,
il y a du bleu mais pas que...

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Mais que c'est beau un fleuve la nuit ! 

24/08/2014

Jeux d'été

Sur la place-st-bart, durant tout l'été, et même à l'année (lanay pour les locaux), il y a des jeux installés. Des chaises colorées pour se retrouver autour d'un baggamon ou d'un rami entre amis. Des livres de levy-strauss à dévorer, des livres de levy-athan à déchiffrer, des livres de levy-musso à déchirer. Et bien sûr des stewards stoïques qui s'appliquent à surveiller les ébats. Tout ça est très bon enfant, je vous rappelle, on est à Lîdje.

A l'intérieur, on a inventé des jeux autrement plus passionnants. Des figures libres qui transforment l'appartement en gigantesque jeu de piste. Mais où se trouve la caisse 14, dans laquelle se trouve l'album photos, qui doit aller dans l'armoire bancale, qui est au milieu du couloir, avant le lampadaire et à côté des deux tableaux dont on ne sait que faire ? J'ai trouvé ! La caisse 14, elle est coincée entre deux boîtes en plastique, un pouf abîmé et un tiroir éventré au milieu du salon. Il est marqué BUrO mais quand je l'ouvre, je trouve une statuette indienne, un plat à gratin et une dizaine de sachets de thé parfumés que je vais aller ranger dans la cuisine... Zut, je n'arrive à accéder à aucune armoire sans déplacer cette caisse en bois qui devrait aller dans la salle de bain, où l'ampoule vient de sauter. Où sont les ampoules ? Ah, oui, dans un carton que j'ai vu... mais où encore ? Pas ici. Là non plus. Je remonte le courant. Ah oui, pas loin de l'échelle ! Ca tombe bien je vais en avoir besoin !

J'adore ce jeu. Pas vous ? Ma fille aussi. Je ne m'en lasse pas. Ca fait des jours et des jours qu'on y joue. Et puis, c'est varié. On peut chercher indifféremment des tasses en porcelaine et leur soucoupe, une veste à capuche (parce que oui, ici, il pleut entre les nuages), des babouches, de l'aspirine, un déboucheur, un tourne-vis (non pas celui-là un autre en croix), une mèche de 7, un grimoire, une histoire à raconter. Séparer le papier à dessin du papier à aquarelle. Trier les grandes recettes des plats indigestes. Empiler les coussins des cousins dans un coin et ranger les aiguilles à tricoter. Et puis, ça grince. Le parquet, sous nos pas. Et puis, ça réchauffe. Les hourras, ponctués de je-te-l'avais-bien-dit-que-c'était-pas-là ! Heureusement que j'ai retrouvé mon ordinateur mais la connexion reste très incertaine. On attend toujours le technicien, qui a dû se perdre en chemin, certainement ! 145 mètres au carré, il fait ce terrain de jeu... Bon, j'y retourne et je vous invite quand j'aurais réussi à dégager l'essentiel, c'est-à-dire la porte d'entrée.

— Non, il n'y a pas de photo ! — 

13:08 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2)

11/08/2014

Imagination...

Aucun vent. Au Sud, la chaleur pesante d'un mois d'août qui écrase tout. Au Nord, les tornades qui détruisent et les pluies qui inondent. Dans le croissant infertile, des massacres. En terre mal-sainte, des massacres. A l'Est, le blocus. A l'Ouest, rien de nouveau. Comme je voudrais être en vacances ! Je ferais une tarte aux mirabelles fondantes avant l'heure. J'irais me promener au frais du musée Calvet qui m'attend depuis si longtemps. J'irais m'étonner des sarcophages égyptiens qui tiennent debout et des toiles de Vernet à la verticale. Je verrais le chapeau du boss et la guitare du maître sur un tableau de Manet. En sortant des halles, avec une poignée d'olives et deux caillettes, je pourrais m'asseoir devant l'auberge de la place-aux-pies. Je pourrais même y prendre des photos. Vous dépeindre la scène. Ou mieux encore, vous la peindre. Ca donnerait ça ...

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En '68 à Avignon, pas de révolution !
Animation sur la place-pie-du-marché.
Ca bavardait beaucoup, même sans réseaux.

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Femme chrétienne pleurant son mari.
Femme palestinienne pleurant son fils.
Femme israélienne pleurant son frère.
Femme en bleu sauvant le monde.    

08/05/2014

Ta-bleu

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Ici, le bleu est si bleu qu'il arrive
qu'on ait envie de le peindre !

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Ou alors... on fait des rideaux
pour capturer des rayons de lumière Cool

Préparer un nid pour l'étudiante à l'été,
  histoire de lui offrir un repos bien mérité !

21/08/2013

Es bèu les baux

Ce n'est pas beau parce que c'est beau mais parce que ça plaît ! Devise provençale que je décline à l'envie pour me raisonner. Surtout quand je lis, atterrée, les commentaires postés, de ci, de là, mais pas ici je vous rassure. Des engouements pour des textes pourris, des exclamations pour des navets pas frais, des emballements pour des poivrades mal assaisonnées. Ca ne dérange personne, apparemment ! Je dois bien être la seule à relever ce trop-plein de n'importe quoi, ce manque de nuance, ce laudanum aspergé jusqu'à la nausée ! Je me raisonne, il en faut pour tous les goûts ! Et les couleurs, c'est bien connu, ne se discutent pas. Je me console comme je peux...  Si j'écrivais plus mal, je serais plus connue, ce qui ne serait pas plus confortable ! Je me dis aussi que je pourrais faire des photos du lave-vaisselle.

Je vous livre donc deux images que je trouve belles, mais c'est mon goût tout personnel. La première est une photo prise aux baux-de-provence. Il y a une voiture pour faire comme dans la pub, ca passe mieux ! La deuxième est une interprétation des baux-par-laroque qui s'appelle extraction, parce que c'est extra ! Enfin, je dirais que c'est beau parce que j'ai vue en vrai et que c'est vraiment pas laid. Mais vous pouvez aussi détester... 

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Les Baux sont beaux, je trouve !

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Les Baux vu par Laroque-en-Provence (R2)

Sur son site, il y en a d'autres...
et pour tous les goûts ! 

Aussi sur fb, si vous aimez, qui sait ? 

 

04/08/2013

Festival fin

Ici, c'est fini. On voit bien que les affiches ont déteint sous le soleil de la rue des teinturiers, désormais déserte. Ca n'a plus rien à voir. Je veux dire qu'il n'y a plus rien à voir ! Fini de rire, Dany est parti, les autres aussi, c'est une fin de partie. Le décor est démonté, les comédiens sont remontés. Les touristes errent en peine sous le cagnard. Le bleu paraît moins bleu car même le Mistral est parti voir ailleurs.

Ici, il fait chaud, 'y a pas d'eau et, en plus, il n'y a plus personne. Etrange, les Avignonnais, comme les autres Français sont partis en vacances. Ailleurs, en France, à la mer, à la campagne, où le ciel est aussi bleu qu'ici, mais différent quand même. Ici, la cité endormie s'apprécie autrement. Les platanes ont retrouvé leur utilité, ils servent d'abri aux cigales ! Par 26°, elles chantent tout l'été, même la nuit quand la température ne redescend pas. Depuis plusieurs jours, elles n'arrêtent pas de chanter d'ailleurs ! Ca fatigue, à force ! A l'hiver, elles vont se trouver fort dépourvues ... moi aussi, si ça continue !

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   Tout Avignon en contraste sur cette photo !
Le paradis en B, lui aussi, a pâli et Madame à sa fenêtre va enfin pouvoir dormir la nuit !

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Illusion d'optique à la rue des Lices,
plus aucun délice !

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Où on voit bien que la rue des teinturiers est vide, au mois d'août, juste après le festival et juste avant les travaux qui vont commencer pour ... onze mois !
Ils ne sont pas pressés dans le Sud ! Une année pour repaver une rue qui ne fait pas 500 mètres ! L'essentiel est qu'elle soit belle pour accueillir les festivaliers en juillet 2014.
On remarque aussi les abris à cigales !

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Où on voit bien que la Sorgue est moins claire en aval qu'en amont ... et que le vert n'est pas vert pareil qu'à l'Isle-aux-antiquaires !