11/07/2016

Bleu Ardente

Or, donc, en cette fin de semaine, à Liège, c'était les Ardentes. Festival musical, bon enfant, sans être familial, qu'on dira convivial. Bruyant aussi, ça rappe par-ci, ça crie par-là, ça chante aussi. Le vent de Meuse nous ramène des miaulements d'Indochine. Entre cent klaxons, trois victoires et deux défaites, reste l'espoir. Les bus bondés, chargés de jeunes prêts à camper, ne s'arrêtent plus à l'arrêt indiqué. Les bus trop pressés empruntent les quais, tout schuss. Puis, s'arrêtent pour faire marche arrière ! C'est très étonnant un bus, à rallonge, trop chargé, qui se met à reculer. Sensation, train fantôme à la foire du Midi ou serpentin à la foire d'Octobre !

Dans les magasins, dits de proximité, ça parle flamin, italien, dindon, germon, anglois, ecetera, chinois, spanish ou portuguèss. "T'as pas pris de shampoing ? Non, mais... c'est pas moi qui paie le pain!" Sardines à l'huile et tomates en vrac, de l'eau et des bières. Oui, ils sont venus, ils sont tous là, la belle jeunesse européenne. C'est très rafraîchissant par ces chaleurs. Il paraît qu'on a frôlé les trente dans les tentes des Ardentes.

Pourtant, les Français sont aux abonnés absents. Je me demande bien pourquoi.
Les nuits debout seraient-elles plus belles que nos jours de pluie ? Les soirs de match seraient-ils plus bleus que nos matins gris ? Comme chaque année, jeudi 14, c'est Fête-Nat, avec concerts et feu d'artifice à Lîdje. On va danser sur le pont mais peut-être que la fête ne sera pas tout à fait la fête... Certainement à cause du 49.3 ! On peut y voir une fameuse défaite. Pourtant, si toute cette belle jeunesse se mobilisait, pour construire une autre Europe, un monde meilleur, plus de justice sociétale, moins d'injustice sociale. Avec des "si", on pourrait mettre Paris en bouteille... et même du sable dedans ! 

— Es gibt kein Foto —

28/06/2016

Bleuxit

Viser entre les gouttes, viser entre les goals, j'ai repris la route entre le pays Brabant et le pays Ardent. Ça me rappelle un déménagement, mouvementé, au premier jour de l'été, il y a deux ans déjà, comme le temps a passé ! Du Mondial à l'Euro, ce sont toujours les même dollars, les mêmes klaxons. Sauf que je les supporte de moins en moins. Déjà qu'au balcon, même fenêtres fermées, on ne peut résister à la furie des fous qui se mettent à hurler. Voilà qu'un certain, que j'affectionne d'une tendresse particulière, se met à les défendre ! Mais, mon grand chéri d'amour (je rigole), tu sais bien que ça me fait mal aux oreilles ! Elles sont grandes les oreilles-de-mireille (rime riche), certes, mais fragiles aussi ! Non, je ne supporte pas que les klaxons des cons m'empêchent de dormir la nuit. De même que ma fille, mes voisins, le bébé d'en face, le chien d'en haut, et même les oiseaux. Vos gueules, les mouettes !!!

Je ne les supporte pas les supporters, pas plus que les cloches à pas d'heure. Ma sensibilité heurtée même s'ils sont heureux. Et je maudis davantage encore les klaxons quand je suis au volant, au milieu du trafic. Hein, que, quoi, pourquoi ? Je risque de heurter un vélo ? J'ai frôlé un pare-choc ? Je roule à contre-sens? J'ai brûlé un feu ? J'ai franchi une ligne blanche ? Je sursaute à chaque fois et je risque l'accident à chaque instant. Non, mais ils sont tous tarés !!! Les Ritals du lundi, les Belgos du dimanche, qui suspendent même la circulation des bus ! "Tu imagines, j'ai dû rentrer à pied de la gare à minuit parce que le bus ne roulait plus", confie une rousse étudiante à son amie. Pourvu qu'elle ne soit pas Mayar en plus...

Car, avouons quand même, tout ça pour ça !?! Gagner un match de huitième de finale d'une coupe d'Europe, de football, qui n'est jamais qu'un sport parmi d'autres. On me répond —oui mon chéri c'est toi— que c'est formidable parce que les gens sont heureux et que je ne suis que rabat-joie. Manquerait plus que je sois abat-jour quand il se prend pour une lumière (je rigole) ! Que des gens soient pris de délire et d'euphorie à la vue d'un ballon, sur une pelouse verte ceinturée de publicités, a déjà de quoi surprendre. Qu'ils se croient obligés ensuite d'aller le crier sur tous les toits, alors qu'ils n'ont jamais fait que regarder la télé, n'a pas fini de m'étonner. Des gens heureux de rien ! C'est triste. Des gens heureux pour rien, c'est bien, me dit-il ! Décidément, nous ne serons jamais d'accord sur ce point.  Et pourtant, au fond, c'est la même passion pour l'humain. Mais pas la même chanson. 

Le malentendu vient de loin. On fait comme si. Tous les Rosbifs détestent les mangeurs de grenouilles. Tous les Spaghetti se moquent des Tortillas, les grands-Buveurs-de-bière détestent les petits-Buveurs-de-bière, les dépeceurs-de-baleine écrasent les buveurs-d'eau-chaude ! Fameuse douche froide. Tous les nationalistes en herbe se réjouissent. Chacun sa pelouse, maître du jeu sur son terrain. Finalement, ce qui me hérisse le poil dans cette compétition sportive (tu crois encore que c'est un sport, mon chéri ?), ce sont les couleurs, les hymnes, les clans et les pays qui s'affrontent. Non, je n'aime pas les nations, ni les nationalistes, ni les footbalistes. Tout ce qui nous fait oublier que nous sommes sur le même bateau, sur la même planète en péril. Et qu'Unis on vaut mieux que les Etats. 

Yoko2-2406.jpeg
Quand je désespère de l'humanité,
je relis Yoko Tsuno !

29/02/2016

Leo aux lauriers...

Voilà, une bonne chose de faite ! Leo enfin récompensé a bien parlé. De l'important, de l'urgent, du changement climatique. Et Demain, aussi récompensé, comme il est temps que les choses changent, que le monde bouge. On ne va pas revenir sur le film du revenant, qui évoque autant Jerimiah Johnson que l'inoubliable Aguirre, sans la même émotion, ni la même puissance. Il est vrai aussi que ces films ont plus de 40 ans que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ! On retiendra que nos trois héros ont les yeux d'un bleu profond qui invite à plonger pour mieux réfléchir le monde, notre rapport à la nature, aux autres et à la différence...

Bob-Klaus-Leo, plus ou moins fous, jamais très sages, nous donnent à voir des images du nouveau monde avant qu'il devienne ancien. Mise en abîme, du temps où les navajos n'étaient pas des idiots, les pawnees pas tous des pourris, les iroquois pas encore narquois, et les ingarikis pas toujours raonis. Le temps où on vivait autrement, au coeur de la forêt, au plus près du torrent, de la rivière, voire même du fleuve. Du temps, où on connaissait ses voisins, la famille élargie, le clan et la tribu. Bien avant qu'on invente les réseaux sociaux !

Samedi, j'ai donc traversé le fleuve, pour aller sur l'autre rive, découvrir une peuplade amie, installée sur une île en roture. Tout comme nous, ils ont des échoppes et des commerces, qui ferment à 18 heures, et le dimanche, et le lundi, mais pas le mardi ! Ils ont des estaminets et des abris-bus. Ils ont des chiens qui chient sur les trottoirs et des pigeons qui évitent les vélos. Bref, c'est tout pareil, enfin presque. J'ai découvert un marchand qui revend du matériel électro-ménager recyclé, récupéré, bricolé, voire tombé ou même neuf. Sa femme n'est pas voilée, aimable et malhabile. Lui est courageux, énervé, débordé. Il a repris mon four alternatif pour l'échanger contre un four à temps plein mais sans horloge ! La cuisine a tout de suite un autre cachet, façon aspirine, je vous épargne la photo.

Non, plus amusant, est son parcours. Venu du Nord, du nord marocain je veux dire, du pays de Nador, du pays d'où je connais les gens, d'Oujda et par-là... il entend bien rester ici ! Forcément, il y travaille comme un forcené qui sait se débrouiller avec sa camionnette qui tourne et qui pollue. Vivre au rythme de la kasbah, en trois minutes m'y voilà ! Et puis, quand il est entré dans la cour, il a eu cette phrase étonnante : "oh, c'est beau, on dirait la France, on dirait Avignon ! " Soit il est devin, soit plus sûrement il a de la famille qui vit par là ! Le frère de sa mère, c'est son oncle, non ? En repartant, il a croisé une dame aux blancs cheveux et aux yeux bleus, qui m'a demandé pour entrer ! Encore une qui veut se téléporter, j'ai pensé.

Exact ! Mais dans le temps, pas dans l'espace ! Elle a vécu là, enfin ici, il y a dix-huit ans. Séquence émotion, les pierres parlent encore, le décor a changé. Les toxicos sont partis, le grenier transformé, l'escalier disparu. J'ai plus appris qu'elle n'a ressenti. L'échange était émouvant, intéressant. Comédienne palato-chilienne, elle est partie vivre dans le Sud ! De la France, je veux dire, vous savez, là où le temps dure longtemps... Parfois, il suffit de traverser le fleuve, pour faire des rencontres et voir la vie autrement.

 

l06x2Nl.gif

1452184280_2.jpg

049627.jpg

Saurez-vous rendre à chacun de ces héros son destin ?

 

15/08/2015

Miaou...

Jamais deux sans trois ! Voilà qu'un chat vient de dégringoler pour la troisième fois de la terrasse. Mais ce n'est pas le même chat, si bien que je crains qu'elle ne tombe encore une fois, cette chatte qui est déjà tombée deux fois. Manquerait plus que le matou recommence, ce qui nous permettrait de breveter cette activité comme attraction de l'été  ! A chaque fois, les voisines affolées viennent m'appeler parce qu'elles ont vu voler un chat. On ne sait jamais très bien lequel, sauf à observer celui qui reste sur le bord du muret à regarder l'autre en bas ! Ca me rappelle l'histoire, ancienne déjà, de deux frères qui jouaient à se poursuivre sur le toit d'un grand magasin. Le plus grand tomba sans trauma, le plus jeune fut choqué sans chuter ! Ici, je soupçonne fortement le matou-lynx-même-pas-américain d'avoir courser la chatte-thaï-même-pas-birmane. A la mi-août, c'est bien connu, les minets font les fous !

—  non, je ne vous mettrais pas de photo,
ni du chat, ni de ma chatte —    

Au 15 août, parce que oui c'est aujourd'hui, il se passe des choses étranges en bord de meuse qu'on appelle république d'outre-meuse, parce qu'on y dépasse facilement les bornes. On y fête marie, bien sûr, comme aux saintes et comme ailleurs. On voit des illuminés défiler devant des potales enluminées. La photo est mouillée car il pleut en averses violentes ! Attention aux âmes sensibles, les photos suivantes sont très sombres. Le ciel est gris, le ciel est noir, l'heure est grave. Simenon mène l'enquête, marianne monte au combat, notger maugrée, tchantchès est très laid, nanesse a l'air bièsse.  Les plus intrépides sont montés sur des échasses, car les caves sont inondées, la meuse va déborder, le péket coule à flots, le sirop est devenu hallal,...

C'est très mélangé par ici, populaire, bariolé, friqué, paumé, mais les gens sont gentils, je vous ai déjà dit ? Les contrastes ne font pas peur, seul le bleu vient à manquer. Dans le bus, une femme emballée voilée jusqu'au menton est assise en face d'une black en mini short sous top moulant. C'est l'été ! Sous le regard étonné du paki qui squatte le porche à côté, mon voisin a sorti sa porsche. il la nettoie avec application avant de la ranger dans son garage. On ne sait jamais qu'un chat viendrait à tomber par là. Mais on n'est pas à Yper non plus !

DSCF6507.JPG

Un qui ne craint pas de tomber !

marianne.jpg

Marianne en première ligne

DSCF6529.JPG

L'Agent 21 au milieu des parapluies

DSCF6514.JPG

Dans la vie, il faut savoir prendre de la hauteur

DSCF6525.JPG

Avis aux amateurs, ici on aime la couleur !

DSCF6487.JPG

Avis aux intolérants, ici on aime les mélanges !

 

24/12/2014

Treize desserts

Il existe, paraît-il, une tradition très ancienne qui veut qu'on fête le moment où les jours se mettent à rallonger ! Cette période où la lumière triomphe des ténèbres, quand les nuits deviennent progressivement moins longues, revient chaque année, ce qui est plutôt encourageant ! Tout se passe comme s'il devenait soudain possible d'inverser le cours des choses, d'arrêter la course du temps pour repartir dans l'autre sens.  De quoi se réjouir à chaque fois ! L'occasion de se rappeler qu'il faut souhaiter que les hommes et les femmes vivent en paix sur cette terre qu'ils empruntent aux générations futures. Après, bien sûr, chacun mettra des sapins décorés, des nains dans les crèches, de rouges capuches, des bulles en coupe, des chapons rôtis, des guirlandes au balcon, des bûches dans l'âtre, des bûches aux marrons, glacées, à la crème, au chocolat, au café, non sans façon, merci, ça ira, pour cette fois !

Dans le Sud, la tradition est celle des treize desserts. Je vous épargne l'énumération. La liste se résume à des fruits secs, confits et frais, de la fougasse à l'huile et des figues sèches, des noix et deux sortes de nougat. A l'occasion, je vous posterai un article sur le Noël provençal, qui vaut à lui seul tout un poème de Mistral, et sur la période de la calendale qui dure près de deux mois ! Pour l'heure, je vous mets la photo de la table aux desserts provençaux revisités à ma façon ! A la place du melon, je mets des bergamotes ! A côté des calissons d'Aix et des nougats de Montélimar, je mets des biscuits de Reims, des baisers de Malmédy, des spéculoos de Dandoy, des amarettis sardes, des chocolats belges et bien sûr des madeleines. C'est tout moi, ça ! Naturellement, je vous invite à partager et à venir déguster, si vous passez par Liège, un de ces jours prochains... Le soir de Noël, on y mange des bouquettes ou boukètes ! Et ça c'est drôlement bon, j'en reprendrais bien, tiens  ;-) 

DSCF5390.JPG

  Si vous comptez bien,
il y a en bien plus de treize...

Que vous soyez seul ou nombreux à table,
soyez heureux d'être là !

Enfin, une anecdote pour la fin du repas.
Vous savez d'où vient l'habitude de manger une bûche  ?

Lire la suite

10/12/2014

Lumen

Le vent, comme une flûte, souffle, entre les branches, entre les volets. Shakuhachi, dirait l'étudiante qui poursuit ses recherches sur le bambou bouddhiste. Son monotone, presque apaisant. Flûte de pan ? Le Mistral, décidément, n'en finit pas d'être un personnage à part entière. Surtout la nuit. Au matin, les nuages dissipés donnent envie d'aller se promener. Enfin ! Depuis dix jours, je n'ai vu que du gris. Et des lumières qui rappellent que Noël approche. Cette année, la crèche est sortie de la Mairie. Enfin, dirais-je ! Pourtant, les gens boudent. Il faut toujours qu'ils rouspètent, ça semble être une seconde nature chez les Provençais ! La crèche est installée dans une église, fort jolie mais fort désaffectée. Elle a trouvé sa place, place-des-corps-saints que j'aime bien. Au milieu des marchands de santons, qui ne sont pas contents, sous leurs tentes ou chalets pas laids. Moi, je dis que c'est le temps qui les rend sons. 

placeCST.jpg

Ca sent le sapin encore sain ... 

Temple.jpg

Temple égyptien ?

sapin.jpg

Sapin païen dans lieu de culte désaffecté
avec crèche provençale installée

sapinrouge.jpg

Sapin rouge sous les ors
de la république

gensmarché.jpg

Et puis aussi, des gens contents,
qui posent amoureusement... 

poseur.jpg

... et d'autres qui posent,
dans l'ombre,

parce qu'ils ne savent pas trop
où crécher ce soir...

06/09/2014

Gris soleil descendant

Aujourd'hui fut un grand jour ! Evacuation de la cuisine qui m'empoisonnait l'air et l'existence. Je comprends mieux pourquoi maintenant ! La hotte était fausse, les plaques en trompe-l'oeil. Pas de rat crevé mais de vraies saletés, tant il est vrai que celles des autres sont toujours plus sales. Pourtant, vous me direz qu'elle était belle et bleue, cette cuisine ! Certes, mais sous son joli sourire que de dents cariées ! Or, vous savez comme va la vie. Un jour, on n'a plus le temps, ni l'argent d'aller chez le dentiste. Il se pourrait même qu'on devienne pauvre, quelle horreur ! Ou polonais, comme un édenté que je connais qui se dit prêt à bricoler l'électricité du couloir. Vous savez à 2,62m de haut ? Il ne manquerait plus qu'il se fasse mal en descendant ! Oui, je sais, pardon...

photoC1.jpg

Bleu trompeur...

En attendant, à la recherche d'une nouvelle cuisine, je suis partie, sur le net et dans la ville. A la découverte de rues inconnues, en outremeuse et en roture, "où jamais tu n'iras", me disait ma mère ! Je me demande bien pourquoi? J'y ai vu l'église saint-pholien, qui est triste à se pendre. Juste à côté, une librairie dédiée au fameux commissaire. Juste à l'angle, un grand café où j'ai hésité à entrer. Sur la devanture, il est marqué en grand le nom de mère-grand qui jamais n'a tenu un café en roture ! Sinon, je l'aurais su, vous pensez bien. Son frère obscur alors ? Le mal-aimé et le maudit, qui aurait réussi à vivre du débit de boissons ? Un mystère qu'il me plairait d'éclaircir, voire même d'écrire. Un quart de siècle après la disparition de Simenon, oserais-je me lancer ? Vous me direz, de nos jours, n'importe qui écrit n'importe quoi sur à peu près n'importe qui, aussi. La trash-vérité, ça s'appelle, parfois aussi TV ou encore VT, comme vite torché.  

photo57.jpg

Face à malsain-pholien...

Après, j'ai traversé la dérivation qui nous complique la vie, parce que la Meuse se divise et que les ponts se multiplient. Je suis arrivée dans un quartier sans nom, matongé qui pourrait rivaliser en nombre d'affreux coffrés et de coiffeurs afros au mètre carré. De ceux qui proposent des coupes de footballeurs, très moches, avec photos à l'appui. Ici, on les voit en vrai ! C'est moche tout pareil mais très ressemblant. En même temps, j'avoue que je connais peu les stars de la coupe du ballon rond. Aussi, je me suis demandée si j'étais toujours à Lîdje ? Le ciel était gris et pollué. Les maisons étaient grises et polluées. Les rues étaient chaudes et polluées. Les gamins étaient bruyants et à vélo. Les filles étaient... non, les filles n'étaient pas dans la rue, sauf une petite de six ans sans ses dents, assise sur le seuil de sa porte. Les femmes étaient enceintes, avec des landaus et des tresses. Non, pas en détresse. Tout ça reste bon enfant, comme vous savez. D'ailleurs, leur sourire est éclatant ! Et puis, de ce côté-là, ils ont de la chance. On voit bien qu'ils ont l'électricité à tous les étages. Evidemment, comme tous les belgicains désormais, il n'est pas sûr que ça pourra durer tout l'hiver ! Disons seulement que d'être dans une grande ville, pas vraiment belle, eh bien,,, c'est déjà ça !

photo55.jpg

Ce ne sont pas des oiseaux migrateurs...