28/06/2016

Bleuxit

Viser entre les gouttes, viser entre les goals, j'ai repris la route entre le pays Brabant et le pays Ardent. Ça me rappelle un déménagement, mouvementé, au premier jour de l'été, il y a deux ans déjà, comme le temps a passé ! Du Mondial à l'Euro, ce sont toujours les même dollars, les mêmes klaxons. Sauf que je les supporte de moins en moins. Déjà qu'au balcon, même fenêtres fermées, on ne peut résister à la furie des fous qui se mettent à hurler. Voilà qu'un certain, que j'affectionne d'une tendresse particulière, se met à les défendre ! Mais, mon grand chéri d'amour (je rigole), tu sais bien que ça me fait mal aux oreilles ! Elles sont grandes les oreilles-de-mireille (rime riche), certes, mais fragiles aussi ! Non, je ne supporte pas que les klaxons des cons m'empêchent de dormir la nuit. De même que ma fille, mes voisins, le bébé d'en face, le chien d'en haut, et même les oiseaux. Vos gueules, les mouettes !!!

Je ne les supporte pas les supporters, pas plus que les cloches à pas d'heure. Ma sensibilité heurtée même s'ils sont heureux. Et je maudis davantage encore les klaxons quand je suis au volant, au milieu du trafic. Hein, que, quoi, pourquoi ? Je risque de heurter un vélo ? J'ai frôlé un pare-choc ? Je roule à contre-sens? J'ai brûlé un feu ? J'ai franchi une ligne blanche ? Je sursaute à chaque fois et je risque l'accident à chaque instant. Non, mais ils sont tous tarés !!! Les Ritals du lundi, les Belgos du dimanche, qui suspendent même la circulation des bus ! "Tu imagines, j'ai dû rentrer à pied de la gare à minuit parce que le bus ne roulait plus", confie une rousse étudiante à son amie. Pourvu qu'elle ne soit pas Mayar en plus...

Car, avouons quand même, tout ça pour ça !?! Gagner un match de huitième de finale d'une coupe d'Europe, de football, qui n'est jamais qu'un sport parmi d'autres. On me répond —oui mon chéri c'est toi— que c'est formidable parce que les gens sont heureux et que je ne suis que rabat-joie. Manquerait plus que je sois abat-jour quand il se prend pour une lumière (je rigole) ! Que des gens soient pris de délire et d'euphorie à la vue d'un ballon, sur une pelouse verte ceinturée de publicités, a déjà de quoi surprendre. Qu'ils se croient obligés ensuite d'aller le crier sur tous les toits, alors qu'ils n'ont jamais fait que regarder la télé, n'a pas fini de m'étonner. Des gens heureux de rien ! C'est triste. Des gens heureux pour rien, c'est bien, me dit-il ! Décidément, nous ne serons jamais d'accord sur ce point.  Et pourtant, au fond, c'est la même passion pour l'humain. Mais pas la même chanson. 

Le malentendu vient de loin. On fait comme si. Tous les Rosbifs détestent les mangeurs de grenouilles. Tous les Spaghetti se moquent des Tortillas, les grands-Buveurs-de-bière détestent les petits-Buveurs-de-bière, les dépeceurs-de-baleine écrasent les buveurs-d'eau-chaude ! Fameuse douche froide. Tous les nationalistes en herbe se réjouissent. Chacun sa pelouse, maître du jeu sur son terrain. Finalement, ce qui me hérisse le poil dans cette compétition sportive (tu crois encore que c'est un sport, mon chéri ?), ce sont les couleurs, les hymnes, les clans et les pays qui s'affrontent. Non, je n'aime pas les nations, ni les nationalistes, ni les footbalistes. Tout ce qui nous fait oublier que nous sommes sur le même bateau, sur la même planète en péril. Et qu'Unis on vaut mieux que les Etats. 

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Quand je désespère de l'humanité,
je relis Yoko Tsuno !

05/07/2014

Argent-rien

J'ai repris ma place au fond du couloir. Celle qui me permet de vous écrire, grâce à un voisin très compatissant. Ils sont gentils par ici, je vous ai dit ? Ils ont un accent aussi mais c'est gentil. Bien sûr, au fond du couloir, entre la buanderie et la toilette, c'est un peu inconfortable. Autant qu'une place en demi-finale jamais assurée ! La libre-belgique-tout-un-programme-en-soi, quotidien de qualité renommé, titrait ce samedi : "en route vers la gloire" ! Fallait oser ! Pari perdu. J'ai rien gagné au loto non plus. Mais quelle est cette frénésie? Cette folie qui s'empare des hommes (et des femmes) pour 90 minutes, friquées, filmées, découpées, ennuyeuses souvent, pas même passionnantes. Tirage de maillot, tirage du gros lot.  A la fin, de toute façon, on sait que ce sont les Allemands qui gagnent ! Jolis garçons au demeurant, jolis mollets. Très aryens quand même. Les Argentins, j'ai pas vu, pas pris. Pas de télé, pas de connexion, pas d'illusion. Autant dire coupée du monde. Mais le plus dur, il faut bien avouer, c'est l'absence de radio. Maintenant, l'absence de klaxons la nuit s'apprécie aussi, à sa juste mesure. Le mundial, c'est donc fini. Déjà ? Pas encore... mais tout le monde s'en fiche un peu désormais ! Sauf les teutons et les dindons, les latinos et les cariocas, bien sûr ! Tant de folies pour tant de clichés accumulés, d'images accolées. Ouf, le Festival d'Avignon off, c'est parti. Sous la pluie. Et la grande boucle aussi. Mon nouveau voisin, tout dépité, vient de rentrer, le maillot en berne, la perruque mouillée. Il va couper la wifi, m'fi ! Moi, je n'ai toujours rien. Et dire que certains ont faim. Décidément, je ne capte pas tout. 

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Non, mais ...
Faut pas nous prendre pour des pigeons ! Nous donner du grain pour qu'on pense à rien, à rien qu'à acheter des crampons ! Nous gaver de slogans qui exaltent l'esprit chauvin, à essayer de nous faire vibrer à des exploits qui n'en sont pas... Allô quoi !
Ben, non, justement, je n'ai toujours par le téléphone ! Trois semaines d'attente, sans même changer d'opérateur, c'est la faute au mundial certainement.  

 

23:57 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1)

23/06/2014

N'importe quoi...

Aïe, aïe, aïe ! Ca ne s'arrange pas. Le roi des Belgicains se balade à Rio, laissant le pays sans gouvernement. Caramba, manquerait plus qu'il soit renversé par une latino-république en quart de finale ! On voit tout de suite où sont les priorités dans ce pays. Chez le voisin, flottent des caleçons qu'on peut qualifier de drapeaux ou de calicots, avec beaucoup d'indulgence. En regardant mieux, on peut distinguer du belgo-belge, du brésilien et du bleu-blanc-rouge, mais dans l'autre sens. A moins que ce soit un modèle réversible. France/Hollande, on n'est jamais trop prudent. Allez, je vous la mets pour le bleu ! 

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Le vent joue des tours aux supporters !

Drôlement fan, il est mon voisin. Il ne ronfle pas comme celui du haut mais il est pareillement fan. Je ne sais pas de qui mais c'est un fan ! Hier, vers 19h50, il a sorti sa zuzzuéla et... proooûuuuut, il a fait à la fenêtre du vasistas. Was ist das? J'ai levé la tête de mes cartons. Je me suis aussitôt dit que le match devait être fini ! Et qu'ils avaient petitement gagné, les diablotins, car c'était un petit prooûuuuut. Ridicule même. Mais quand on aime, on ne compte pas. Et on fait un peu n'importe quoi aussi. J'en ai vu un avec des palmiers qui lui poussaient sur la tête ! Non, le ridicule ne tue pas. C'est dérisoire et de l'auto-dérision! Paraît-il Cool 

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Comme je n'avais pas de drapeau,
et que je ne voulais pas être en reste,
j'ai étalé mon tapis kirghize. 


Quoi, le Kirghizistan ne joue pas ?

Et ils ont un roi ? Même pas.

14:17 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

13/06/2014

C'est parti... bis

Coup d'envoi, pour un mois ! Quatre semaines de soirées déjantées, rythmées à coups de klaxons et de bières au salon. Le voisin a invité des copains. M'étonne pas qu'il aime ça ! Regarder des gaillards en short qui s'essoufflent derrière un ballon, là où il peine à monter l'escalier. Ca doit le stimuler. L'exciter même, qui sait ? Il est tellement sportif qu'il a pris la voiture pour aller faire le plein... de canettes. Bien sûr, il a pris soin aussi de mettre des chaussettes aux rétroviseurs, pour bien montrer à tout le monde qu'il bande mou. Du moins d'après ce qui s'écrit sur les réseaux sociaux ! L'idée m'amuse assez, j'avoue. Ca va encore ronfler ce soir. Cette nuit même, je dirais, rapport au décalage horaire. On n'est pas couché.

Ca va encore crisser l'étudiante, qui est au bout du rouleau et de sa session, sa mère sur les talons. Ou sur les genoux, si vous préférez. Heureusement qu'on n'a pas la caméra pour voir ça, nos corps affalés, nos yeux rougis. Et qu'on n'a pas non plus la télévision. C'est toujours ça de moins à déménager ! Sur un air de samba, on va donc s'entraîner à bouger les meubles. Sur une macarena, voire même une lambada, je me souviens, il y a longtemps déjà, j'emballais sec. J'ai toujours déménagé à l'été ! Mais le 14 juillet, promis juré, c'est en République de Meuse, au bord du Rhône, que je ferais la fête à la fin des arrêts de jeu. J'en aurais fini des tirs au but et du tri des boîtes, des corners qui ne sont pas des punitions, des penalties qui ne sont pas des coups francs. Plus de caisses en carton ni de cartons jaunes. Le 14 juillet, coup de boule dans les filets et coup de sifflet.

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C'est violent, des hommes qui s'affrontent...
parfois même il y a des balles qui se perdent !