26/08/2017

Bleu Nippon

Le petit chien est mort. Le chien de la voisine du rez-de-chaussée venue s'installer au deuxième étage, voilà plus d'un an, n'a pas résisté. Les escaliers l'ont tué ou tuer? Matin, midi et soir, doubles degrés pour le canidé à petites pattes qui mangeait trop de pâtée. Elle a beaucoup pleuré. Ainsi va la vie et surgit la mort dans la cour. Cette nuit-là, c'était vendredi, j'ai mal dormi et même pas dormi. Il y avait dans l'air comme un mystère. Pas de nouvelles de l'autre bout de la Terre. Allo, la Lune?

Mercredi, réveil en sursaut, grève des bagagistes annoncée à l'aéroport national, devenu sous-régional !  Mais pourquoi aujourd'hui ? Oui, pourquoi. Depuis six mois que le départ est programmé pour un voyage de quatre mois que l'étudiante entreprend pour la première fois ? Les (deux) valises sont bouclées. On n'a rien oublié ? Le taxi oublie d'arriver. Quoi d'étonnant, on est toujours à Liège. Je suis folle de rage mais ça ne se voit pas. Elle fait semblant d'être zen. Coup de chance, l'apprenti chimiste revient plus tôt que prévu, son char est aussitôt réquisitionné! Direction la belle gare. Direction le train à deux niveaux. Direction la Flandre. Ascenseur, changement obligatoire à Leuven-de-Oude. Direction la zone aéroportuaire. Nous y voilà. Aucune trace de la grève terminée... Beaucoup de dégâts collatéraux pour ceux qui sont arrivés le matin, peut-être aussi pour ceux qui sont partis au soleil sans maillot.

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En attendant le taxi qui ne viendra pas...

Par chance, la compagnie japonaise (ana) n'était pas concernée. Et c'est là qu'on découvre qu'il existe deux services de bagages dans le dit-aéroport-qui-n'est-plus-national. Et que c'est un peu la loterie, car il n'y aucune logique. Donc, au final et au départ, check-in sans problème, avec 41 kilos quand même ! Contrôle des passeports par un douanier distrait qui lui arrache le certificat d'éligibilité qui lui permet d'étudier et de travailler au pays du soleil levant. Croyait que c'était un vieux papier qui traînait. Compétent le garçon ! Il connaît son métier, il n'a que ça à faire de la journée ! Se dire aussi qu'ils sont vraiment attentifs à ce qu'ils font...

La suite, c'est elle qui me l'a racontée. L'éventail de Miréio oublié au comptoir qu'elle a retrouvé à l'embarquement. La bonne surprise ! La bouteille d'eau qu'on achète à prix fort après les contrôles au portique magnétique et la fouille habituelle. L'installation au couloir, avec couverture et oreiller mais impossibilité de fermer l'oeil. Ensuite, beaucoup de pointillés...

Après douze heures de vol, un message à l'arrivée à Narita, aéroport national de Tokyo capitale, où les formalités d'immigration se déroulent facilement, avec des douaniers efficaces. Transfert vers Nagoya, où l'attendait un bus, puis un taxi, puis plus rien ! Silence radio pendant 18 heures, et c'est là que j'ai mal dormi, que le chien est parti, que j'interrogeais la Lune. Au petit matin, pour moi, en milieu d'après-midi, pour elle, un long message texto surtaxé plein de tristesse. Privée de toute connexion. Se retrouver au bout du monde coupée du monde ! Double solitude, et sans musique aucune. Fragilité d'une société tout électrique, tout électronique, virtuellement reliée mais de la réalité déconnectée.

Une demi-douzaine d'heures plus tard, c'était déjà la nuit chez elle, l'après-midi ici, un message vidéo, via une application, bien pratique et une liaison bien hachée. Parler, parler, elle avait tellement besoin de raconter ce qui s'est passé. Comment les cigales géantes l'empêchent de dormir. Comment la route à 5 voies sous sa fenêtre l'empêche de dormir. Comment la chaleur humide, qui reste à 34°, matin, midi et soir, et même la nuit, l'empêche de dormir. Et qu'elle n'a toujours pas résorbé le décalage. 

Mais elle raconte aussi que la clim, qui fonctionne à donf, lui permet de respirer. Et que le modem, qui fonctionne à peine, lui permet enfin de m'appeler. Elle a rencontré des "autres", deux Françaises, une Italienne, un Canadien, un Anglais, une semi-Congolaise, un Québecois, une Tahitienne, un individu de genre non-identifié et d'origine indéterminée, un Japonais vendeur de matériel électronique. Bref, un condensé d'humanité en vrai.  

Elle est partie en repérage dans la zone et le voisinage. Elle a acheté des choses utiles et futiles à six sous cinq centimes (100 yens) pour se consoler. Elle a écrit des kanjis, traduit des kanjis, appris à se débrouiller avec les mains, avec les yeux, avec les pieds. Elle pris un coup de soleil et se sert du parapluie comme ombrelle. Elle m'envoie cette photo cliché pour touriste au Japon. Je n'y suis pas. Elle s'y installe, vaille que vaille.

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Japon sur torchon,
symbole d'installation !

   

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21/08/2017

Bleu Valise

La première valise est bouclée ! Les nouvelles bottines sont rodées. Il aura fallu une douzaine de magasins —en et hors solde— pour trouver chaussures à son pied ! Le ciré est com-paqueté, les chaussettes re-pareillées. Les t-shirts finement roulés et l'oreiller compressé. Des livres, des notes, des dictionnaires, des adaptateurs, des batteries sans lithium, des câbles avec chargeur. Et un fatras de médications —au-cas-où— qui ne serviront pas. Des huiles essentielles et le nécessaire vital.

La seconde valise se remplit à la même vitesse. Voici la reine du Kapla© en action. Elle adore ça. Chaque espace est soigneusement utilisé. Le sac, judicieusement choisi, aussi. Quelle équipée, quel équipage ! Le passeport et le visa, les yens et les documents d'accréditation. Ne rien oublier. Le bus, le train, le train, l'avion. C'est pour demain. Non, pour après, mais on est prêt ! Presque. Les chats nous regardent, inquiets. Mais vous ne partez pas toutes les deux ? Non, une à la fois pour cette fois !

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Une valise pèse et se soupèse.
Celle-ci est rouge !

 

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24/01/2016

Fin de session

Or, donc, nous voilà réjouis, en ce 24 janvier, dimanche cracra, gris et pluvieux ! Un jour d'hiver, après la neige, quand la fonte accélère le cours des ruisseaux sans prévenir. Un jour qui rallonge au matin. Un soir qui s'éloigne vers une nuit de pleine Lune. Tiens, j'éternue. Les voisins ont emménagé, toute la journée, la porte grand ouverte, la musique à fond, les caisses à donf. La voisine a déménagé, toute la soirée, la porte jamais fermée, le chien dans l'escalier, les caisses au palier. Tiens, j'ai éternué. Les papiers, j'ai rangés. Les dossiers à trier toujours entassés. Les chats couchés ont tout fait tomber. Encore raté, il me faut ramasser ! Poussière amassée me fait éternuer ?  Ou seulement ce vent froid qui se glisse sous la fente du plancher, le long de la plinthe, près du chambranle, j'en tremble. Manquerait plus que je prenne froid.

Or, donc, la bonne nouvelle, en ce 24 janvier, outre la sortie de l'ouvrage d'un ami très vain qui écrit très bien, c'est que la session de l'étudiante est enfin terminée ! Deux semaines de blocus et trois semaines d'examens, émaillées de fête de fin d'année, de noël au balcon, de feux d'artifices en terrasse, de crise de colère et de découragement, de morts subies et de regains d'intérêt. Semaines sous haute tension. Il a fallu composer entre philosophie antique et histoire contemporaine ; balancer entre le rock et l'opéra ; se débrouiller entre le rommelpot  et la théorie musicale ;  départager Japonais et Okinawais. Ah ouais, c'est quoi ça ?

Déjà que c'était pas facile, il a fallu un décret "à-la-con" qui impose des examens partiels pour tous les cours, même pour ceux qui ne sont pas terminés au premier quadrimestre ! Examens non dispensatoires, qui donc ne servent à rien, puisque toute la manière fera l'objet d'un nouvel examen en juin ! Voire en mai, si la session commence plus tôt. Donc, au lieu de cinq matières déjà bien solides, voilà l'étudiante obligée d'en présenter huit. Mais qui est le sombre crétin qui a imaginé pareil système ? Je veux des noms ! Etudiants épuisés, en larmes, hagards, se sont succédé sous les yeux des profs dégoûtés, eux-mêmes écoeurés de la nouvelle règle du jeu. C'est pas moi qui l'ai inventé, si vous lisez la presse bien informée, vous l'aurez lu ! Et pas qu'en faculté de médecine. 

Or, donc, au final, l'étudiante avait un horaire à moitié pourri seulement, moins pire que certains condisciples. Car, bien sûr, puisque tout le monde suit désormais un cursus différent (options, mineure et étalement), plus personne n'a le même horaire que son voisin. Ni pour les examens, ni pour les cours bien sûr, ce qui donne lieu à de joyeux chevauchements, appelés fort justement conflits d'horaire. Situations opportunément résolues par un vote des élèves : "la majorité l'emporte, les autres se débrouillent". J'aime —ô que j'aime— cette loterie qui donne tellement envie d'apprendre et de partager le savoir. Comme si l'université avait perdu sa vocation première, celle de transmettre et de former.

Or, donc, les résultats, on ne connaît pas et on ne connaîtra pas avant huit jours. Sauf le rommelpot, qui a fait l'objet d'un 30/30 bien mérité mais ce n'était qu'un partiel ! Pour la peine, pour votre bonne information, je vous mets une illustration de l'objet en question ! 

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Instrument typique des fêtes populaires du platteland, dont vous penserez ce que vous voulez ! Personnellement, mais c'est très subjectif, je préfère le mode de vie des Okinawais, qui vivent centenaires sur des îles au cadre idyllique, avec du bleu, bien bleu, voire même turquoise ! Là, oui, je vote pour.

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Ceci n'est pas une photo
de ma collection personnelle
!

 

08/10/2015

Blue Moon

Je vous assure, la lune rousse était bleue, l'autre nuit, en y regardant de plus près et avec des jumelles ! Elle est bleue, tout pareil, à Avignon, en plein jour, en y regardant mieux et avec une loupe ! Place de l'horloge, que j'appelle république, aux couleurs d'égalité et de solidarité. La liberté recouvrée s'apprécie à l'intensité du bleu infini !

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Vous la voyez ? Vers tonze-heures-moins-dix...

Belle récompense après un voyage d'une désarmante banalité. Le premier train était à l'heure, et au départ de la gare. Le deuxième train était à l'heure, et à l'arrivée, l'ascenseur du quai dix fonctionnait. Le train à grande vitesse était à l'heure, et les douaniers au rendez-vous. On s'habitue à tout. Parler de tranquillité serait pourtant exagéré. Le train à destination de Nice est limité à Marseille, la faute aux intempéries. La voie ferrée a été coupée, comme dans une case du Lotus Bleu®. Les appels contradictoires se succèdent. Vous en saurez plus à Saint-Charles surtout si vous allez à Draguignan. En attendant, le voiture-bar fonctionne et le dernier titre de Gilmour revient comme une obsession.

A Lille, la voiture à moitié vide devient à moité pleine. Mon voisin attitré a la bonne idée de renoncer à ma compagnie pour s'installer sur le siège avant qui se met à trembler, à vaciller et ploie sous le poids ! Il bascule comme le banc du fou ! Il a bien fait de ne pas insister pour prendre la fenêtre à mes côtés, la banquette n'aurait pas résisté ! Ce premier craquement n'était rien à côté de ceux qui allaient suivre. Boum, clac, pan, ta gueule, salope, reviens, prends-ça, pif, paf, takatakatak. C'est à ce moment-là que mon voisin, un autre de l'autre côté du couloir, s'est levé. Pour leur demander baisser le son. J'ai refermé un oeil, j'ai rouvert l'autre.

Impossible de dormir, malgré cette nuit trop courte, malgré les écouteurs, malgré Kula Shaker. Poum et boum, aaâaaaaaaaaaaaaaaah. D'où viennent ces cris de torture ? Une attaque surprise du train fantôme en Mandchourie ?  D'un bond, je vais les voir à mon tour. Ils sont deux, affalés, sacs à dos posés sur les sièges du carré qu'ils ont décidé de squatter. Le plus jeune et le plus bronzé, me dit qu'on leur a déjà dit ! Le plus âgé et le plus pâle, qui a l'air d'être le chef et le plus demeuré, me répète avec un sourire déformé, qu'il s'efforce de baisser le son quand il monte. Vous n'avez pas d'écouteurs ? Si, mais on est deux, me répond l'avachi qui s'en fiche.

C'est bien la première fois, qu'on a droit au son et lumière d'une bande-dessinée en direct. Bah... il finiront bien par descendre. Mais pas avant Ville de Lyon®. Quand le contrôleur arrive, tout sourire, professionnel jusqu'au bout du képi, il n'est même pas étonné qu'ils n'aient pas de billet, ni de réservation, ni rien qui fasse office de titre de transport. Ils n'ont même pas de pièces d'identité, ni carte, ni permis, ni preuve de rien.  "Je suis assermenté, comme un policier, vous devez me prouver votre identité !"

Il va jusqu'à plaisanter, "si je vous dis que je suis Alain Delon, vous me croyez ?" ... Silence consterné des intéressés, dont la culture cinématographique ne remonte pas jusque là. En cherchant bien, l'aîné finit par trouver le papier d'un centre d'hébergement, avec une adresse où sera envoyée la facture. Parce qu'ils n'ont pas d'argent, non plus. Quoi, 140 euros, monsieur l'agent, c'est abusé ! Le second contrôleur, qui a les yeux bleus qu'on dirait Alain  Delon mais en mieux, arrive à la rescousse. Il a été interpellé par ma voisine, celle de derrière, qui lui a courageusement demandé d'intervenir pour faire taire le boucan. Il signale aux intéressés que plusieurs personnes se sont plaintes de nuisances sonores.. Vous n'avez pas d'écouteurs ? Vous connaissez la réponse ! Il leur conseille d'aller squatter ailleurs, dans un carré séparé. Puis, à son tour, il dresse procès-verbal au gamin.  "Mais pourquoi pour lui c'est moins cher que pour moi", dit le crétin ? "Très juste, j'ai oublié la sur-taxe," répond le Samouraï imperturbable en corrigeant le montant.  

Ils sont partis. L'encombrant aussi, descendu à Lyon. Deux vieux potes anversois ont pris sa place. Ils ont commencé à éructer en flamand. J'ai remis Led Zep à donf, j'ai repris le vieux qui ne voulait pas s'endormir, je me suis endormie. J'ai guetté le Ventoux, aperçu Pierlatte, traversé le Rhône. Arrivée à bon port, avec quatre minutes de retard à peine. La liberté de voyager n'a pas de prix ! Enfin, si, quand même... Alors, il m'a pris l'envie de jouer les touristes, de redécouvrir la ville de mon coeur et le coeur de la ville, avec des yeux neufs. Toujours le même étonnement à regarder le bleu si bleu. Depuis trois ans, je ne m'en lasse pas et je continue à chercher les lotus !

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Le grand... 

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... et le petit palais, s'il vous plaît !

 

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23/08/2015

Zenalys

Trois mois ! Trois mois sans redescendre, sans voir le Sud, sans voir le bleu. Il y a trois ans que ça ne m'était plus arrivé. Une telle privation d'Avignon, un jeûne aussi long. La faute à l'avion, qui ne décolle plus depuis Bierset comme vous savez ... La faute au train, qui se fait mitrailler comme vous savez... La faute à la voiture, qui ne veut plus démarrer comme vous savez... Fallait-il que je descende à pied ? 

Que nenni. Finalement, samedi, j'ai pris un thalys accolé à un tégévé, pas très rassurée. C'est marrant comme tout le monde a souri lors de mes précédents films. Je les appellerais volontiers prémonitoires si je ne voulais pas faire d'histoire. Cassandre est un mauvais rôle qui me colle à la peau. Or, donc, j'étais parfaitement rassurée, sans flic aucun, sauf sur le quai d'en face, ce qui n'arrange rien, d'autant que l'ascenseur du quai 12 était en panne comme d'habitude. Sûrement parce que le train bondé, de marmots et de gens excités, continuait sur Ostende et la Panne. Le thalys, lui, venait d'Amsterdam, farci de dindes et de dindons. Il a pris bien soin de ne pas s'arrêter à Paris. Direction le grand sud, tout schuss. Premier arrêt Valence. Je n'ai pas eu le temps de m'affoler, ni de flipper. D'ailleurs aucun douanier n'est monté à bord, contrairement aux transits précédents. On aurait dit des grandes vacances ! J'ai même réussi à voir le Ventoux et la Palais en traversant le Rhône, ce qui n'est pas arrivé souvent ! .

A l'arrivée justement, ça grouillait de partout, de gens bronzés, de valises à rouler, de sacs à porter. La même gare mais en plus petit. Pourtant, il y avait du grand, du bleu et du gris, du chaud, du très chaud dans l'air. Et puis le chant des cigales qui ont chanté tout l'été à m'attendre. Un peu fatiguées, elles sont. Un peu comme moi, tiens. Ca se voit tant que ça ? Le grand bleu n'a pas duré longtemps, l'orage s'est mis à danser, sur et sous le pont, quel con. Moins grave qu'à Montpellier, mais pas mieux qu'à Hyères. C'est la fin de l'été, pas encore le début de l'hiver. Au marché, on trouve des figues et du raisin, des fromages en abondance, des pêches sanguines, des poivrons de toutes les couleurs et des poires dans les vergers. Bref, c'est toujours l'été ! 

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Il y a du bleu, mais pas que !
Je vous laisse deviner... ou méditer

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Je vous en mets une autre parce que,
décidément, la nature est farce...

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 ...voilà qu'une sorgue coule sous mes fenêtres...

Même pas peur, la voisine franchit
la crue sans se noyer !
Faut dire aussi que l'eau est chaude Clin d'œil

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12/07/2015

A l'année...

Pour fêter dignement cette première année passée au pays de Liège, rien de tel qu'une croisière comme je les aime ! Populaire, comme j'avais oublié. Crème solaire, j'ai oublié. Avec l'étudiante, en complicité, une journée à ne rien faire. A se dorer. Voyager sans se presser. Muse et musarder entre meuse-et-maas. Flirter avec les Ardentes et les rayons brûlants. Descendre sans filet dans l'écluse. Arriver et se promener. A Maastricht, des maatjes fondants en filets avaler. Des livres en anglais dévorer, dans l'église déguisée. Un dictionnaire de japonais dégoter et Hieronymus Bosch, en français dans le texte. Buena vista social club, écouter. Penser à se désaltérer. Des ijs-cream sans cramer, des mémés macramés, des gamins excités, décalage assuré. Remonter. Le courant. Dans l'écluse à Lannay passer, les usines observer. De bleu se gaver. Des photos, vous voulez ? 

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Les tentes des Ardentes

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L'attente à Lannay

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L'étudiante patiente

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Le soleil au zénith

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La descente impressionnante

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Pont cassé ici prolongé !

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Quelques bicyclettes...

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Un choix difficile ...

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La vie à l'usine ...

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... ou la vie en Wallandrie ?  

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La parenthèse se referme,
on va remonter...

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10/05/2015

Au marché de Provence...

Le dimanche, à la batte, je vais comme vous savez que c'est à côté de chez moi... Ce dimanche, plus loin, j'ai été comme vous savez que le Coustellet est un marché réputé. Les top-chefs viennent s'approvisionner directement auprès des paysans producteurs du coin, qui vendent des légumes-frais-ya-pas-plus-frais. Et comme ils sont célèbres, la télévision vient les filmer, comme ça ils seront plus fameux encore. Et Maubec-le-Coustellet deviendra ce marché incontournable dont tout le monde parle en Lubéron, qu'on dit Luberon, surtout depuis qu'un Anglois, du nom de Peter Mayle, a décrit son année en Provence !

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Scène d'action !

Au menu, ce midi, des artichauts violets, des blettes et des fleurs de courgettes. Naturellement, en cette saison, les incontournables fraises de Cléry, qu'on dit de Carpentras, seront au dessert. Sur ce marché, je me régale, je salive, je mange par procuration. Les petits pois bio-raisonnés qu'on écossera et les patates à faire sauter avec les épices savamment mélangées. Ce qui est très étonnant, c'est que loin d'être indolent ce marché est très véloce. On est servi en moins d'une minute, comme pour arracher les denrées avant l'autre, à un prix soigneusement pesé. Tout le monde ici a compris que le temps c'est de l'argent. Les barquettes, déjà prêtes, sont balancées dans votre panier sans autre forme de pesage et récupérées pour la prochaine livrée. C'est la confiance qui vaut son poids d'or. On est bien dans du circuit court et je suis pour ! Comme vous savez depuis longtemps...  

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Ceci ne sont pas des haricots !

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Recette du frère qui a la frite...

Comme sur tous les marchés, vous vous doutez qu'il y a aussi des marchands de savons, de bonbons, de macarons-maisons, de biscuits secs et moelleux, de confitures, de miel, de thé, de sacs et de rêves. Mais plutôt mieux qu'ailleurs ! Le Luberon-faut-des-ronds est une région riche de ses estivants et de ses résidents, de vedettes incognitos et de célèbres inconnus, parigots ou gallois, danois ou chinois. Mais on y parle essentiellement français. C'est tellement plus exotique de s'exprimer avec ce petit accent qui fait croire qu'on a toujours été d'ici. Ou de Gordes, ou de Bonnieux, ou d'Oppède... enfin d'un beau village qui fait le charme de la contrée. Parce que le Coustellet-c'est-laid, franchement ! On y vient pour son marché, pour y faire des affaires, pour négocier et marchander, s'achalander mais pas que... on peut aussi y faire des rencontres improbables et des photos !   

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La vie pimentée sous la toile

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Le marché fait de l'ombre au bleu ! 

Bien sûr, vous vous demandez comme j'ai pu passer si vite de la batte à la route d'Apt... Et là, il me faut bien avouer que, oui, j'ai bénéficié d'une ligne particulière entre Liège et Avignon ! C'est tout nouveau, ça vient de sortir et c'est la première fois que je prends l'avion pour rejoindre Caumont ! C'est plus rapide et moins cher, mais je sais aussi que c'est très mauvais pour l'environnement. Alors, je culpabilise pour l'empreinte carbone. Et puis, il paraît que ce n'est plus très sûr l'avion de nos jours. Et puis, bien que ce soit une liaison entre deux villes francophones, on n'y parle que flamand, car c'est une compagnie de Flandrie-Antwerpen-on-Schelde. Et puis, ça fait du bruit. Beaucoup de bruit, un avion à hélices. Et ça secoue aussi, ça vibre, ça tangue. Et puis, on est parti avec une heure de retard, parce qu'ils avaient oublié d'assurer le catering (on décolle de Bierset aussi, il ne faut trop en demander). Heureusement, le Mistral nous a fait gagné une demi-heure sur le temps perdu qui ne se rattrape plus. Et puis, le taxi a coûté la moitié du prix du ticket parce qu'il n'y a pas de bus qui circule le week-end (mais c'est normal, dans la cité ardente, les TEC se reposent parce que ça monte). Et puis, l'escalator entre le niveau zéro et le contrôle des bagages-fouille-au-corps, était en panne (mais c'est normal, on est en Wallandrie). Pourtant comme il était agréable de ne pas devoir porter ma valise plus de vingt mètres ! Au final, j'avoue honteusement, ce vol était plutôt pratique. Mais moins que le train parce que je ne peux pas vous écrire !

 

—   Mireille prend l'avion en cachette  —    

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